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MP3-Richard Tauber-Lehar

MP3-Richard Tauber-Lehar

Ref: MP3013

Le charmant Richard Tauber

1. Lehar, Paganini, " Gern hab' ich die Frauen geküsst"
2. Lehar, Paganini, "Girls were made to love and kiss".
3. Lehar, Das Land des L?chelns, "Dein ist mein ganzes Herz"
4. Tauber Der singende Traum, "Du bist die Welt für mich"
5. Lehar Frasquita, "Hab' ein Blaues Himmel"
6. Lehar Frasquita, Serenade.
7. Stolz, Liebeskommando, "Im Traum hast du mir alle erlaubt.
8. Kalman, Gr?fin Mariza, "Grüss mir mein Wien"
9. Sieczynski, "Wien du Stadt meine Tr?ume"
10. Lehar, Giuditta, "Freunde, das Leben ist lebenswert"
11. Abraham, Viktoria und ihr Husar, "Reich mir zum Abschied noch einmal die H?nde"
12. Lehar, Friederike, "O M?dchen, mein M?dchen"
13. Lehar, Das Land des L?chelns, "Immer nur L?cheln"
14. Lehar, Das Land des L?chelns, "Von Apfelblüten einen Kranz"
15. Lehar, Der Graf von Luxemburg Valse
16. Lehar, Giuditta, "Du bist meine Sonne"
17. Lehar, Giuditta, "Du bist meine Sonne" (Live performance, Vienna 1935)
18. Porter, "Night and Day"
19. Rodgers and Hammerstein, Oklahoma!, O what a beautiful morning.
20. Lenoir "Sprich zu mir" (Parlez moi d'amour)
21. Max Hansen, "Wenn ich Richard Tauber w?r'"

En 2014, en hommage à Richard Tauber, le ténor Jonas Kaufmann enregistra un programme largement composé d'airs créés ou popularisés par son illustre prédécesseur. Le CD fut un best-seller et fut sans aucun doute, dans le monde entier, une grande source de plaisir pour les innombrables fans de Kaufmann (appartenant le plus souvent au beau sexe). Les deux ténors étaient connus pour leur sex appeal, mais celui de Tauber résidait exclusivement dans sa voix et non dans son physique. Kaufmann a hérité de ce don remarquable qu'avait Tauber pour moduler sa voix en douceur jusqu'au pianissimo le plus éthéré ; comme Tauber, il ne craint pas de recourir au falsetto. Mais pour les vieux collectionneurs de disques, une comparaison piste à piste entre le récital de Jonas Kaufmann et le présent disque, qui rassemble des enregistrements originaux de Tauber, ne tournera pas nécessairement à l'avantage du ténor d'aujourd'hui. En son temps, Tauber fut très imité et beaucoup de ténors germanophones avaient une émission légèrement engorgée qui paraît similaire au premier abord. Il y a bien des années de cela, alors que j'habitais une tour de logements pour étudiants, j'écoutais La Flûte enchantée dirigée par Thomas Beecham. Au moment du l'air du portrait, chanté par Helge Rosvaenge, un laveur de vitres suspendu par des cordes m'a crié par la fenêtre ouverte : " C'est Tauber ? " De fait, il avait initialement été prévu que Tauber chante le rôle de Tamino dans cette intégrale mais, pour des raisons politiques, il fut remplacé par un Rosvaenge au chant plus fruste, parce que Sir Thomas Beecham souhaitait réaliser cet enregistrement à Berlin, siège du pouvoir nazi.
Ce qui distingue Tauber de tous ces ténors germaniques qui lui ressemblaient, c'était sa musicalité raffinée et son extraordinaire sens du texte. Quelle que soit la musique, quelle que soit la langue, il vit son incarnation à fond. Ecoutez son " cœur battant " dans l'air de Belmonte, ou l'introspection rêveuse d'Hoffmann dans " Ha, wie in meiner Seele ". Les interprétations mozartiennes ou schubertiennes de Tauber sont exemplaires, mais c'est peut-être " la muse légère " qui favorisa surtout sa créativité en tant qu'artiste, pour laquelle on se souvient surtout de lui. En 1923, sa carrière prit un tour nouveau lors qu'il fit le choix, apparemment bizarre pour une grande star internationale de l'opéra, de reprendre le rôle de ténor dans Frasquita, opérette de Franz Lehár qui avait déjà connu de nombreuses représentations au Theater an der Wien. Il en résulta la création de ce qu'on appela le " Tauberlied ". Selon son épouse, l'actrice Diana Napier, il s'agissait de " l'inclusion d'un air spécifique comme pièce de résistance d'une opérette ". Dans Frasquita, c'était la Sérénade, ou " Hab ein blaues Himmelbett ". Cet air n'avait pas été composé pour Tauber mais, dès lors, " la création du Tauberlied fut souvent le résultat de mois de coopération entre les deux hommes [le compositeur et le chanteur]. Chaque mesure faisait l'objet de longues réflexions, chaque nuance de la mélodie était établie sur mesure pour le ténor et pour sa voix, chaque mot était testé mille fois jusqu'à ce que le consensus se fasse sur une version définitive… Comme s'en souviennent les Londoniens, Tauber avait élaboré une technique de bis particulière à ces airs. Il changeait sa voix, le texte, la langue. Après avoir chanté en anglais, il bissait en français, en allemand ou en italien ; souvent, il quittait la scène pour aller chanter dans une loge ou entre les sièges du parterre. Là encore, il pouvait passer du fortissimo à un falsetto murmuré, et ainsi de suite ". On en entend un exemple magique dans une représentation de Giuditta enregistrée en direct au Staatsoper de Vienne en 1935, avec Lehár à la baguette.
Tauber apportait la même créativité à son interprétation d'un répertoire assez inattendu. Il prête un caractère tout à fait viennois à une composition de Rodgers et Hammerstein, " Oh what a beautiful morning ", comme s'il se promenait au Prater plutôt que dans les champs de blé de l'Oklahoma. " Night and Day " de Cole Porter est chanté avec une urgence érotique bien différente du flegme anglo-saxon de Fred Astaire (même si ce dernier avait de semblables origines juives autrichiennes). Quand Tauber chante " I want to spend the night making love to you ", on comprend que ce n'est pas une promesse en l'air ! " Parlez-moi d'amour ", chanson typiquement française, immortalisée par Lucienne Boyer, s'est elle aussi très bien exportée vers la MittelEuropa. Comme l'écrivit le célèbre critique new-yorkais Irving Kolodin, " Caque Tauberlied est un Zauberlied ". A l'apogée de la Taubermania, à la fin des années 1920, le comique Max Hansen, peut-être le seul homme alors plus populaire que Tauber en Allemagne, rendit lui aussi hommage au ténor en enregistrant la chanson " Wenn ich Richard Tauber wär ", où il déplore que sa petite amie s'intéresse davantage à Tauber qu'à lui.


In 2014 the tenor Jonas Kaufmann paid Richard Tauber the compliment of recording a CD consisting largely of songs launched and popularized by his great predecessor. The CD was a bestseller and no doubt gave great pleasure to Kaufmann's countless fans (more often of the female sex) around the globe. Both tenors were noted for their sex appeal, though Tauber's lay entirely in his voice and not in his physical appearance. Kaufmann has inherited Tauber's remarkable ability to modulate the voice smoothly down to an ethereal pianissimo and like Tauber is unafraid to indulge in falsetto. But for aging record collectors a track for track comparison between that CD and this CD of Tauber's original recording will not necessarily to the advantage of the modern tenor.
In his day Tauber was much imitated and many German speaking tenors produced a slightly throaty sound that at first hearing sounds similar. Many years ago when I was a student and living high up in high rise student accommodation, I was listening to the Beecham Magic Flute. As Helge Rosvaenge sang the portrait aria a window cleaner swung past hanging on ropes and shouted through the open window "Is that Tauber?".
Tauber had indeed been slated to sing the role of Tamino in that recording but replaced by the somewhat rougher Helge Rosvaenge for political reasons as Sir Thomas Beecham wanted to make the recording in Nazi Berlin.
What differentiated Tauber from all those Germanic tenors who sounded like him was his refined musicality and an extraordinary response to words. Whatever the music and whatever the language he lives his interpretations to the full. Listen to his "beating heart" in Belmonte's aria or to Hoffmann's dreamy introspection in "Ha, wie in meiner Seele". Tauber's performances of the music of Mozart and Schubert are exemplary but it is perhaps for the "lighter muse" that he is best remembered and which inspired his special creativity as an artist. The seemingly bizarre decision of the great international opera star to take over the tenor role in Franz Lehar's operetta Frasquita in 1923 well into its long run at the Theater an der Wien changed the course of his career. It resulted in the creation of the so-called "Tauberlied". According toTauber's wife, the actress Diana Napier, this was "the featuring of one particular song as the central "pièce de resistance"of an operetta." In Frasquita it was the Serenade or "Hab ein blaues Himmelbett". This had not been composed with Tauber in mind but from then on "the creation of the "Tauber song" was often the result of months of co-operation between the two (Lehar and Tauber). Every bar was gone over and over again, every "nuance" of the melody was made to measure" for the man and his voice, every word was tried a thousand times until the final version was agreed upon….As Londoners will recall, Richard developed a special "encore technique" for these songs. In those various versions, he would change his voice, the words, the language. Having sung it in English, he would repeat it in French, German or Italian; often he would leave the stage and perform from a box or from a gangway in the stalls. Then again he might change from fortissimo to a whispered falsetto, and so on." A magical example of this can be heard in a performance of Giuditta recorded live at the Vienna State Opera in 1935 with Lehar conducting.
Tauber brought a similar creativity to his performance of some very unexpected repertoire. He brings a decidedly Viennese lilt to Rodger's and Hammerstein's "Oh what a beautiful morning" sounding as if he is strolling through the Prater rather than the cornfields of Oklahoma. Cole Porter's "Night and Day" is performed with a erotic urgency very different from Fred Astaire's Anglo-Saxon coolness (though Fred actually came from a similar Austrian Jewish background). When Tauber sings "I want to spend the night making love to you" we know that this is no empty phrase! Lucienne Boyer's typically French "Parlez-moi d'amour" also transfers to Mittel Europa very nicely.
As the distinguished New York critic Irving Kolodin famously said "Every Tauberlied a Zauberlied".
At the height of Taubermania in the late 1920s, the comedian Max Hansen, possibly the only man more popular in Germany than Tauber himself also paid Tauber a compliment when he recorded the song "Wenn ich Richard Tauber w?r'" in which he laments that his girlfriend is more excited by Tauber than him.


Patrick BADE



Prix : 6.99 (Including TVA at 20%)


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