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Lohengrin en francais - Wagner

Lohengrin en francais - Wagner

Ref: MR649

1.Reve d'Elsa.
. Orchestre de l'Association des concerts Pasdeloup. Dir. Piero Coppola
4.Elsa! Qui vient? Marjorie Lawrence, Yvonne Brothier. HMV DB 4890/1
5.duo de la chamber. "Deja se perd leur voix." Georges Thill, Germaine Martinelli. CLX 1928/31, LFX 455/6 dir. Eugene Bigot.
6.Recit du Graal. "Aux bord lointains" Georges Thill XLX 1299, LFX 39
7.Adieux de Lohengrin; "Mon cygne aime". LFX144.
8.Deja se perd leur voix"
9.Ah, respirons tous deux"
10.Ma confiance en toi" Cezar Vezzani, Mireille Berthon.
2PG 1162-2, 2PG 1163-1, 2PG 1164-1, 2PG 1165-1
DB 4920 DB 4921
11."Aux bords lointains" Cezar Vezzani. 2W441-2, DB 4828
12."ah, respirons tous deux" Rene Maison. Dir Gustave Cloez . Odeon 188547, KL 1409
13.Ma confiance en toi. Rene Maison. Dir. Gustave Cloez. Odeon 188547 KL1410"Seule dans ma misere".Germaine Lubin Odeon 123613 -xxp6814-2
2.Mein Herr und Gott. Marcel Journet. Victor 1274
3.Allons! Debout! Compagne de ma honte. Martial singher, Marjorie Lawrence
"Lohengrin en français"
Durant les dernières années du XIXème siècle, Wagner divisa les Français presque aussi âprement que Dreyfus. Ironiquement au vu de l'antisémitisme virulent de Wagner, ce furent les anti-Dreyfusards, " patriotes " et antisémites qui probablement s'opposèrent le plus à Wagner. Les éléments les plus libéraux et progressistes de la société française, dont la plupart s'était ralliée à la cause de Dreyfus, furent vraisemblablement les porteurs de leur allégeance à Wagner comme une médaille d'honneur.
La musique de Lohengrin fut d'abord portée à la connaissance des Français par ne série de concerts d'extraits des premiers opéras de Wagner organisés au Théâtre des Italiens en 1860 devant un auditoire distingué comportant les compositeurs Auber, Berlioz, Gounod, Ambroise Thomas et Reyer et les poètes Théophile Gauthier et Charles Baudelaire. Dès le début, les réactions furent diverses et extrêmes. Berlioz, que l'on a connu meilleur, exprima son hostilité et son absence de compréhension dans une critique misérablement inspirée tandis que Baudelaire écrivit ce qui doit être la plus remarquable lettre de fanatique jamais écrite, donnant libre cours à son adulation pour la musique de Wagner et décrivant les sensations qu'elle avait provoquées en lui dans le plus poétique des langages. Les relations entre Wagner et la France furent envenimées par le notoire fiasco de la première de Tannhäuser à l'Opéra de Paris en 1861, par la guerre Franco-Prussienne et par-dessus tout par la publication de " une capitulation " de Wagner, dans laquelle ce dernier se gaussait méchamment de la défaite française dans les termes les plus insultants. La rancune générée par ces incidents (sans faire mention du caustique rejet de l'opéra français comme celui " d'une aguicheuse au sourire froid ") rendit impossible la représentation d'opéras de Wagner à Paris pendant près de vingt ans. Avec les opéras de Wagner bénéficiant du cachet de l'interdit ou d'un pélérinage à Bayreuth ou à Bruxelles, seul moyen pour les Français voués à Wagner de voir représenter ses œuvres, le Wagnérisme fut élevé à l'état d'une quasi religion dans les pages de l'avant-gardiste " Revue Wagnérienne " dans les années 1880. Des tentatives pour ramener Wagner sur les scènes françaises étaient centrés sur Lohengrin, l'opéra de Wagner sûrement le plus accessible aux audiences du XIXème siècle. La première de Lohengrin à l'Eden-Théâtre en 1887 et la première au Palais Garnier en 1891 furent l'occasion de batailles et de sérieux désordres publics. Mais la guerre fut rapidement gagnée et Lohengrin marqua un point impressionnant avec les cent représentations en trois ans au Palais Garnier, plaçant lohengrin parmi les opéras les plus populaires en France. Le création de Lohengrin en France fut donnée dans la traduction de Charles Nuitter qui continua d'être utilisée jusqu'en 1950. Durant cette période se développa une authentique tradition wagnérienne francophone. Parmi les bons wagnériens francophones.
Ce CD sera concentré sur des chanteurs de la génération suivante durant l'entre deux guerres et après l'apparition de l'enregistrement électrique permettant de rendre mieux justice aux voix et à l'orchestration wagnériennes. A cette époque l'Opéra de Paris de même que d'autres opéras français ou belges eurent des difficultés pour choisir des interprètes lorsqu'ils voulaient afficher Lohengrin. Le chanteur le plus âgé présent sur ce disque est Marcel Journet (1867-1933). Il avait fait ses débuts dès 1893 - juste deux ans après que Lohengrin ait trouvé son chemin vers la scène de l'Opéra. Sa longévité vocale lui permit de faire des enregistrements électriques qui déploient les splendides aisance et égalité de son registre aigu. Journet fit ses débuts à l'Opéra een 1909 dans le rôle du Roi Henry. Toutefois il fit une grande part de sa carrière outre Atlantique -d'où l'étrange accent allemand de ses enregistrements Victor. Le plus célèbre Lohengrin français de l'entre deux guerres fut sans aucun doute Georges Thill. Il chanta le rôle à l'Opéra de Paris pour la première fois le 28 août 1926 et le chanta par la suite 68 fois durant sa carrière sur différentes scènes. Parmi ses Elsas figurent Germaine Lubin, Yvonne Gall, Jane Laval et Hina Spani. Les principaux passages poétiques du rôle qui planent au sommet du registre médian se situent confortablement pour la voix de Thill. Y-a-t-il jamais eu un ténor allemand qui pouvait chanter cette musique avec aussi peu d'effort et d'une façon aussi belle que Thill ? .La version française des scènes 1 et 2 de l'Acte II avec Martial Singher, Marjorie Lawrence et Yvonne Brothier a été la seule version intégrale existant durant les années précédant la seconde guerre mondiale. C'est vraiment dommage que Telramund et Elsa y soient aussi médiocres, surtout quand on se rappelle les superbes alternatives qu'auraient été à l'époque Arthur Endrèze, José Beckmans, Germaine Lubin et Yvonne Gall. Le principal intérêt de cet enregistrement est la glorieuse Ortrude de l'australienne Marjorie Lawrence. Bien qu'elle fut " anglo-saxonne " comme les Français décrivent bizarrement les divers peuples du monde parlant l'anglais , Marjorie Lawrence fut un produit de la formation française et passa les meilleures années de sa trop courte carrière en France. Elle fit ses débuts à l'Opéra de Paris dans le rôle d'Ortrude le 25 février 1933 et obtint un triomphe malgré les tentatives de Germaine Lubin pour la surpasser scéniquement, décrites de façon si amusante dans son autobiographie.
Les deux autres Lohengrin sur ce disque -le corse César Vezzani et le belge René Maison- sont d'excellents Lohengrin mais de façon différente que Georges Thill, ni l'un ni l'autre ne chantant sans forcer.La carrière de Vezzani fut pour la plus grande part confinée aux provinces et colonies françaises. Heureusement il a laissé suffisamment de disques pour prouver qu'il possédait l'une des voix de ténor les plus brillantes et les plus émouvantes du XXème siècle. René maison bénéficia d'une beaucoup plus grande réputation internationale, chantant à New-York, Chicago et Buenos Aires. C'était n homme très religieux qui ne manquait jamais de s'agenouiller en prière avant d'entrer en scène dans Parsifal.Son Lohengrin est l'un de plus passionnés au disque et plus charnel que spirituel. Il fallait être une Elsa à la tête froide pour résister à l'ardeur de son Lohengrin dans la scène de la chambre !

"French Lohengrin"

In the last years of the nineteenth century, Wagner divided the French almost as bitterly as Dreyfus. Ironically in view of Wagner's virulent anti-semitism, it was the "patriotic", conservative and anti-Semitic anti-Dreyfusards who were most likely to oppose Wagner. The more liberal and progressive elements in French society, most of whom rallied to the support of Dreyfus were likely to wear their allegiance to Wagner as a badge of honour. The music of Lohengrin was first introduced to the French in a series of concerts of excerpts from Wagner's early operas given at the Theatre des Italiens in 1860, before a distinguished audience that included the composers Auber, Berlioz, Gounod, Ambroise Thomas and Reyer and the poets Theophile Gautier and Charles Baudelaire. From the first reaction were divided and extreme. Berlioz, who should have known better, expressed his hostility and lack of comprehension in a mean-spirited review while Baudelaire penned what must be one of the most remarkable fan letters ever, pouring out his adulation of Wagner's music and describing the sensations it produced in him in the most poetic language. Relations between Wagner and France were further embittered by the notorious fiasco of the Tannhauser premiere at the Paris Opera in 1861, by the Franco-Prussian war and above all by the publication of Wagner's "une capitulation" in which he gloated over the French defeat in the most insulting terms. The ill-feeling generated by these incidents (not to mention Wagner's caustic dismissal of French opera as " a coquette with a cold smile") made it impossible to stage Wagner's operas in Paris for nearly 20 years. With Wagner's operas enjoying the cache of the forbidden and a pilgrimage to Bayreuth or to Brussels as the only way for the dedicated French Wagnerian to see the works staged, Wagnerism was raised to the status of a quasi-religion in the pages of the avant-garde "Revue Wagnienne" in the 1880s. Attempts to bring Wagner back onto the stage in France centred on Lohengrin, undoubtedly the most accessible of Wagner's operas for nineteenth century audiences. The Paris premier of Lohengrin at the Eden-Theatre in 1887 and the premiere at the Palais Garnier in 1891 both occasioned street battles and serious public disorder. But the battle was soon won and Lohengrin notched up an impressive 100 performances at the Palais Garnier within three years, placing it amongst the most popular of operas in France. The premier at the opera was given in the translation of Charles Nuitter which continued to be used until the 1950s. Over this period there developed a rich and authentic francophone Wagner tradition.
This CD will concentrate singers of the following generation in the inter-war period and after the introduction of the electrical recording process enabled records to do better justice to Wagnerian voices and orchestration. At this time the Paris Opera and other French and Belgian theatres were spoilt for choice when they wished to cast Lohengrin. The oldest singer represented on this disc is Marcel Journet (1867-1933). He made his debut as early as 1893 - just two years after Lohengrin found its way onto the stage at the Opera. His vocal longevity enabled him to make electric recordings that display the splendid ease and smoothness of the top part of his range. Journet made his Opera debut in 1909 in the role of King Henry. However he spent much of his career on the other side of the Atlantic - hence this Victor recording in rather strangely accented German.
The most celebrated French Lohengrin of the interwar period was undoubtedly Georges Thill. He snag the role at the Paris Opera for the first time on August 28th 1926 and then on a further 68 occasion over the rest of his career in various theatres. Amongst his Elsas were Germaine Lubin, Yvonne Gall, Jane Laval and Hina Spani. The more reflective passages of the role which hover in the upper middle register, lie very comfortably for Thill's voice. Has there ever been a German tenor who could sing this music as effortlessly and beautifully as Thill? The French version of Act II, scenes I and II with Martial Singher, Marjorie Lawrence and Yvonne Brothier was the only complete one available in the years before the Second World War. It is a great pity that the Telramund and Elsa are so mediocre on this recording, especially when one remembers the superb alternatives who would have been available at the time - Arthur Endreze, Jose Beckmans, Ninon Vallin, Germaine Lubin and Yvonne Gall. The chief interest in these record lies in the glorious Ortrud of the Autralian Marjorie Lawrence. Though she was an "Anglo-Saxon" as the French so quaintly describe the diverse people of the English speaking world, Marjorie Lawrence was a product of French training and spent the best years on her all too brief career in France. She made her debut at the Paris Opera as Ortrud on February 25th 1933 and achieved a triumphant success despite the attempts of Germaine Lubin to upstage her, so amusingly described in her autobiography.
The last two Lohengrins on this CD - the Corsican César Vezzani and the Belgian René Maison achieve an excellence in the role of Lohengrin which is very different from that of Georges Thill. The singing of neither could be described as effortless.
Vezzani's career was largely confined to the French provinces and colonies. Luckily he left enough recordings to prove that he possessed one of the most brilliant and thrilling tenor voices of the twentieth century. Rene Maison enjoyed far greater international recognition, singing with great success in New York, Chicago and Buenos Aires. He was by all accounts a very religious man who fell to his knees to pray before going on stage as Parsifal. His Lohengrin is one of the most passionate on record and more earthy perhaps than spiritual. It would have to be a very cool-headed Elsa who could resist the ardour of this Lohengrin in the Bed Chamber scene!


Texte de Patrick BADE




Prix : 13.00 (Including TVA at 20%)


Vu precedemment