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Lohengrin, en italien-Wagner

Lohengrin, en italien-Wagner

Ref: MR640


01 - Prelude de l’Acte 1. Arturo Toscanini
02 - Sola ne’ miei pri’anni. Hina Spani HMV DB 1164 cf 1628-1
03 - Merce, merce. Aureliano Pertile. CD-4798-1;-2 2-052377 DB 1107
04 - Aurette, acui si spesso. Mafalda Favero Columbia WB 2449
05 - Cessano i canti. Pertile, Alfani-Tellini. CD-4768-1; 2 2-054184 DB 1218
06 - Di, non ti incantan. Pertile, Luisa Fanelli. CF-2358-1;-2
07 - Cigno fidel. Pertile. Pho 5773-1 168.018 M-6023
08 - S’ei torna alfin. Pertile. Pho 5774-1 168. 019 M-6023.
09 - Da voi lontan. Pertile. xxPh 5572-1 120.000 F_5532 U-505
10 - Da voi lontan. Miguel Fleta. DB 976 2-052316
11 - Cigno fedel. Miguel Fleta. DB 9762-052317
12 - Da voi lontan. Aurelio Marcato 2-70517, Cetra cc 2251
13 - Sola ne’ miei prim’anni. Rosetta Pampanini. Cc-2231 BB-25084
14 - Sola ne’ miei prim’ anni. Maria Caniglia. Columbia GQ 7018 (B3608)
15 - Aurette, acui si spesso. Maria Caniglia. Columbia GQ 7018 (B3610)
16 - Di, non ti incantan.Giuseppe Borgatti. Fonotipia 39406
17 - Di, non ti incantan.Giuseppe Borgatti. Electric Columbia (1928) D 4996
18 - Cigno fidel. Pertile. Pathé 10388 (1924)
19 - Raconto: Al lluny del lluny.. Emili Vendrell. Cat. E/.77.115 - XXS. 21128
20 - Comiat Mon cigne aymat.. Emili Vendrell Cat E/.77.116 - XXS.21127



La réaction de Giuseppe Verdi, après avoir entendu pour la première fois le Lohengrin de Wagner en 1871, fut à peine plus que tiède : « De la bonne musique quand c’est clair et quand il y a des idées. L’action se déroule lentement de même que les mots. D’où l’ennui. Des effets instrumentaux. Trop de notes soutenues au point que cela devient pesant. » Néanmoins, ses compatriotes prirent vite à cœur Lohengrin et celui-ci devint l’opéra de Wagner le plus fréquemment représenté (presque toujours en Italien) en Italie, en Espagne, au Portugal et en Amérique su Sud jusqu’à la seconde guerre mondiale. Ce n’est sans doute pas étonnant. Les lignes vocales de Lohengrin larges et noblement sculptées ne sont pas si éloignées de la cantilène de Norma de Bellini, un opéra que Wagner admirait profondément. Les mélodies longuement étirées, en particulier celles du ténor qui tendent à planer dans le haut medium de la voix, créent une illusion de flotter dans un autre monde, au bénéfice de l’émission douce et aisée de voix entraînées dans la tradition du bel canto, alors qu’elles souffrent des attaques explosives, « soufflantes et haletantes » de heldentenors teutons conduisant au célèbre « aboiement de Bayreuth ». Parmi les premiers Lohengrins latins figurent Julian Gayarré (1844-1890), Roberto Stagno (1840-1897) et Angelo Masini (1844-1926). Le napolitain Fernando De Lucia (1860-1925) fur le premier à enregistrer des extraits importants de l’ouvrage. Avec leurs tempi excessivement lents et leur usage d’un mélange de rubato et de portamento, les disques du Lohengrin de De Lucia offrent un document précieux et raffiné du style d’interprétation à la fin du XIXème siécle, quoique l’on ait pu se demander s’il était possible de maintenir un tel style durant une représentation sur scène.. En dépit de son plaisir évident de chanter cette musique, De Lucia , en réalité, abandonna le rôle de Lohengrin sur scène assez tôt dans sa carrière. Une annotation sur la page de garde de sa propre partition de l’opéra, explique que c’était un « opéra qu’il adorait chanter, mais abandonna car il ruine la voix ».
Parmi les successeurs immédiats de De Lucia, Enrico Caruso (1873-1921) ne chanta le rôle que trois fois à Buenos Aires en 1901 sous la direction d’Arturo Toscanini et Beniamino Gigli (1890-1957) qu’à de peu fréquents intervalles le plus souvent à Rio de Janeiro. Malheureusement, ni l’un ni l’autre n’enregistra commercialement une seule note de l’opéra. L’italien Giuseppe Borgatti et le catalan Francisco Vignas se firent leur réputation comme d’excellents ténors wagnériens, mais tous deux plutôt faits pour des rôles plus lourds et plus héroïques.
Sans aucun doute le Lohengrin latin le plus brillant et le plus excitant au disque est Aureliano Pertile (1885-1952). « Brillant » et « excitant » ne sont peut-être pas les adjectifs les plus communément associés aux interprétations de Lohengrin. Bien sûr les caractéristiques vocales de Pertile, son vibrato frémissant, ses sanglots, ses soudains crescendos et diminuendos sont plus typiques du vérisme que du chant wagnérien ou du bel canto. Toutefois, ses interprétations sont incomparablement belles et émouvantes. Son Lohengrin est un homme de chair et de sang plus qu’une image hiératique de vitrail. Pertile chanta pour la première fois le rôle à Turin en 1919 et depuis 1922 presque chaque saison jusqu’en 1934 à la Scala (souvent sous la direction de Toscanini) ou ailleurs en Italie. Parmi ses nombreuses Elsas figuraient Hina Spani, Mercedes Llopart, Maria Caniglia, Rosetta Pampanini, Mafalda Favero, Ofelia Nieto et Pia Tassinari. En plus de cette longue liste, deux autres illustres Elsas italiennes de cette époque doivent être mentionnées : Iris Adami-Corradetti et Magda Olivero.
Malgré l’irrésistible conviction de ses interventions, Pertile n’a jamais pu avoir sur scène. l’apparence du plus convaincant chevalier en armure brillante. Pour cela nous aurions dû nous tourner vers l’élégant ténor espagnol Miguel Fleta. Quoi qu’il n’ait chanté le rôle que neuf fois, il dut y être proche de l’idéal. Ses deux extraits enregistrés offrent des modulations exquises (certains diraient qui ne se refusait rien) qui rappellent De Lucia. Le ténor florentin Aurelio Marcato est beaucoup moins connu bien que sa carrière l’ait conduit aussi loin qu’à Bruxelles, Francfort, Paris et l’Amérique du Sud. Lohengrin semble avoir été pour lui quelque chose comme une spécialité. Il chanta le rôle-titre lors d’une représentation radiodiffusée avec Pia Tassinari en 1937. Au disque, il a une voix lyrique plaisante et montre les attrayantes qualités de la plupart des Lohengrins latins.
Les deux extraits de Lohengrin enregistrés en Catalan par Emili Vendrell représentent une curiosité historique fascinante (étant donné que Lohengrin nous dit dans son récit du dernier acte qu’il vient de Montsalvat, il semble tout à fait naturel qu’il puisse chanter en Catalan). Barcelone fut l’un des premiers centres du culte de Wagner. Lohengrin y fut donné dès 1882 et depuis presque toutes les années suivantes. A partir de 1901, l’Associao Wagneriana promut les traductions en Catalan des textes de Wagner et des exécutions en concert de ses opéras en Catalan. Une seule représentation sur scène de Lohengrin en Catalan fut donnée en 1924 au Théâtre Tivoli avec le populaire chanteur local Emili Vendrell. Tout d’abord chanteur de concert et de zarzuela, les disques de Vendrell témoignent d’une voix belle et personnelle, ainsi que d’une considérable maîtrise dans l’interprétation.
Et quant au Lohengrin latin rêvé ? – Que penser de Pertile alternant avec Fleta et Hina Spani avec Magda Olivero, Ebe Stignani ou Irene Minghini-Cataneo en Ortrude, Carlo Galeffi ou Apollo Granforte en Telramund, Pinza dans le roi Henry, avec les jeunes Giuseppe Taddei ou Tito Gobbi en hérault, dirigés soit par Toscaanini, soit par de Sabata. Hélas, le plus proche de ce rêve que nous puissions jamais atteindre est ce CD.


Giuseppe Verdi’s response to his first hearing of Wagner’s Lohengrin in 1871 was hardly more than tepid; “Fine music where its clear and there are ideas. the action moves slowly as do the words. Hence boredom. fine instrumental effects. Too many sustained notes so that it becomes beavy.” Nevertheless Verdi’s fellow Italians soon took Lohengrin to their hearts and it became the most frequently performed of Wagner’s operas (nearly always in Italian) in Italy, the Iberian peninsular and South America until the second world war. This is perhaps not so surprising. The expansive and nobly sculpted vocal lines of Lohengrin are not so far removed from the cantilena of Bellini’s Norma, an opera greatly admired by Wagner. The long drawn out melodies, especially those for the tenor that tend to hover in the upper middle part of the voice, creating an effect of floating otherworldliness, benefit from the smooth and easy emmission of voices trained in the bel canto tradition, just as they suffer from the huff and puff and explosive attack of teutonic
heldentenors prone to the notorious “Bayreuth bark”. Amongst the earliest Latin Lohengrins were Julian Gayarre (1844-1890), Roberto Stagno ( 1840-1897), and Angelo Masini (1844-1926) The first to record extensive excerpts from the opera was the Neapolitan Fernando de Lucia (1860-1925). With their excessively slow tempi and their use of melting portamento and rubato, de Lucia’s Lohengrin recordings offer a precious and exquisite document of late 19th century performance style, though there has been some speculation as to whether such a style could have been sustained in live performance. Despite his very evident delight in singing this music de Lucia actually gave up singing the role of Lohengrin in the theatre quite early in his career. A note on the flyleaf of his score of the opera explains that it was “an oper that I sang with adoration but abandonded because it ruins the voice”. Amongst de Lucia’s immediate successors Enrico Caruso (1873-1921)sang the role just three times in Buenos Aires in 1901 under the baton of Arturo Toscanini and Beniamino Gigli (1890-1957) at infrequent intervals most often in Rio de Janeiro. Unfortunately neither tenor recorded a note of the opera commercially. The Italian Giuseppe Borgatti and the Catalan Francisco Vignas made reputations as distinguished Wagner tenors but both were perhaps better suited to the heavier more heroic roles. Undoubtedly the most vivid and exciting latin Lohengrin on record is Aureliano Pertile (1885-1952). “Vivid” and “exciting” are perhaps not the adjective most commonly associated with performances of Lohengrin and indeed Pertile’s vocal characteristics of quivering vibrato, sobbing delivery and sudden crescendi and diminuendi are more typical of Verismo than of Wagner singing or bel canto. However his performances are incomparably beautiful and thrilling. His Lohengrin is a man of flesh and blood rather than a hieratic figure from a stained glass window. Pertile first sang the role in Turin in 1919 and then from 1922 in almost every season until 1934 at La Scala (often under Toscanini) or elsewhere in Italy. His many Elsa’s included Hina Spani, Mercedes Llopart, Maria Carena, Rosetta Pampanini, Mafalda Favero, Ofelia Nieto, Maria Caniglia and Pia Tassinari. In addition to this long list, two other illustrious Italian Elsas from this period should be mentioned - Iris Adami-Corradetti and Magda Olivero.
For all the overwhelming conviction of his interpretations Pertile can never have looked the most convincing knight in shining armour on stage. For that we would have had to turn to the handsome
Spanish tenor Miguel Fleta. though he sang the role a mere nine times, he must have been near ideal.
His two recorded excerpts exhibit exquisite (some would say self-indulgent) modulations that are
reminiscent of de Lucia. Far less well-known is the Florentine tenor Aurelio Marcato, though his career took him as far afield as Brussels, Frankfurt, Paris and South America. Lohengring seems to have been something of a speciality for him and he sang the title role in a broadcast performance of 1937 with Pia Tassinari. On record he has a pleasing lyric voice and exhibits the attractive qualities of most latin
Lohengrins. The two excerpts of Lohengrin recorded in Catalan by Emili Vendrell are a fascinating historical curiosity. (as Lohengrin tells us in his last act narrative that he comes from Montsalvat it seems
quite natural that he should sing in Catalan!) Barcelona was an important early centre of the Wagner
cult. Lohengrin was first given there as early as 1882 and then in nearly every subsequent year. From
1901 the Associaco Wagneriana promoted Catalan translations of Wagner’s texts and concert performances of the operas in Catalan. A single staged performance of lohengrin in Catalan was given
in 1924 at the Teatre Tivoli with the popular local singer Emili Vendrell. Primarily a concert and zarzuela singer, Vendrell’ s records show a beautiful and distinctive voice and considerable interpretative mastery.
And for the latin Lohengrin of one’s dreams? - How about Pertile alternating with Fleta and Hina
Spani with Magda Olivero, Ebe Stignani or Irene Minghini-Cattaneo as Ortrud, Carlo Galeffi or Apollo
Granforte as Telramund, with the young Giuseppe Taddei or Tito Gobbi as the herald, conducted by
either Toscanini or de Sabata. Alas, the nearest we shall probably ever get to that dream is this CD.
Texte de Patrick BADE, traduction de Giovanni ZIEGLER


Prix : 13.00 (Including TVA at 20%)


Vu precedemment