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Les Cantatrices anglaises

Les Cantatrices anglaises

Ref: MR751

Vierges et Matrones
Cantatrices de l’école anglo-saxonne

01.Ada Alsop. Handel. O sleep why dost though leave me. D.K. 1164
02.Olga Haley. Delius. Songs of Sunset. Exceeding sorrowful
03.Olga Haley. Landon Ronald. At night. Parlophone E11140
04.Rosina Buckman. Ethel Smythe. The Boatswain’s Mate.
What if I were. HMV D 448
05.Florence Austral. Wallace. Maritana. Scenes that are brightest.
HMV unpublished (Bb 18988-11)
06.Kate Winter. Liza Lehmann. Oh! Tell me, nightingale. Parlophone H119
07.Isobel Baillie. Handel Theodora. Angels ever bright and fair. C. 9697
08.Miriam Licette. Gounod. Faust. Jewel song. Col: DX 88-103
09.Florence Easton. Haydn. My mother bids me bind my hair. Victor 1705
10.Dame Nellie Melba. Szulc. Clair de Lune. H.M.V. Cc 9552. DB. 989
11.Frances Alda accompanied by Frank Laforge. Hill. Waiata Maori.Victor. 1330-B
12.Mary Garden. The Bluebells of Scotland. Col. A 1191
13.Dora Labbette. Clay. She wandered down the mountainside. Col. L. 1458
14.Lisa Perli (Dora Labbette) Puccini. La Bohème. Donde lieta. Col LX 523-6
15.Margaret Ritchie accompanied by Gerald Moore and Reginald Kell..
Schubert. Der Hirt auf dem Felsen. HMV C. 3688
16.Dame Clara Butt. Kathleen Mavourneen. CA 10500-2
17.Bertha Lewis. Sullivan. Patience. Sad is that woman’s lot. Cc 19773.
18.Muriel Brunskill. Mendelssohn. St. Paul And he journeyed…
But the Lord is mindful. Columbia DX 156
19.Marguerite d’Alvarez. Mendelssohn. Elijah. O rest in the Lord. Voc 52018
20.Marguerite d’Alvarez. Falla. Chapi. Las Hijas del Zebedeo BE 58148
Vierges et Matrones
Cantatrices de l'école anglo-saxonne

A l'aube du vingtième siècle il était habituellement possible de dire la nationalité d'un chanteur dès le moment où lui ou elle ouvrait la bouche. Les sopranos françaises avec leur timbre brillant, piquant, sonnant d'une façon très différente des voix plus chaudes et plus vibrantes de leurs collègues italiennes. Les sopranos et mezzos anglaises et australasiennes produisaient un son individuel et immédiatement reconnaissable. Quoique le son anglo-saxon fut en rapport avec le son velouté et instrumental des allemands et d'autres européens du Nord, c'était quelque chose de tout à fait différent. Les majestueuses mezzos et contraltos britanniques furent aussi en total contraste avec leurs soeurs latines plus terre à terre et plus fantasques.
De Florence Austral, wagnérienne à la voix immense à l'exquise et fragile Dora Labbette et, vers le grave jusqu'à la barytonale Clara Butt, tous les chanteurs qui sont sur ce disque sont caractérisés par une pureté et une stabilité de sonorité qui pour les voix les plus hautes peuvent être décrites comme angéliques ou virginales et pour les plus graves comme matronales.
Certaines de ces cantatrices, en particulier Melba et Garden, ont fait de glorieuses carrières internationales. (Quoi que Melba ne fut pas aimée partout). D'autres peuvent être considérées comme provinciales et ont en effet eu des carrières provinciales. La charmante Ada Alsop qui commence ce disque était basée à Manchester. Isobel Baillie était aimée dans la province britannique et à travers tout l'Empire, au point de chanter des opéras en Nouvelle Zélande mais ne s'aventura que rarement à traverser la Manche. Parmi les nombreuses cantatrices qui ont eu des carrières chargées et utiles en Grand Bretagne et qui sont maintenant injustement oubliées figurent la néozélandaise Rosina Buckman et Margaret Ritchie du peu glorieux port de pêche de Grimsby. Buckman est particulièrement délicieuse dans cet opéra également oublié " The Boatsman's Mate " de Dame Etel Smythe. La version de Ritchie de " Der Hirt auf dem Felsen " de Schubert est parmi les meilleures et a sa propre place face à la fameuse version d'Elisabeth Schumann.
Il est surprenant de constater à quel point le son "Anglo-saxon " caractéristique survit fréquemment à le formation française ou italienne. Cela semble à peine croyable que Miriam Licette, la compassée, qui chantait comme une élève bien élevée et joue l'air des bijoux de Faust comme si elle faisait le rossignol à travers le terrain de jeu, ait été formée à Paris et Milan et l'on se demande ce que les publics romains auraient faits de son interprétation de Madame Butterfly en 1911. Quand sir Thomas Beecham tenta de faire passer sa maitresse Dora Labbette pour un soprano italien tout juste découverte nommée Lisa Perli, alors qu'elle était née dans la banlieue de Purley en 1935, cela a pu tromper quelques personnes. A la première répétition de La Bohème, un membre de l'orchestre s'écria " Mon Dieu ! C'est Dora ! "
Dans la plupart des cas les sécurités techniques de cantatrices et leur peu de disposition à prendre des risques émotionnels payent des dividendes sur de longues carrières. La soprano anglaise Florence Easton telle qu'enregistrée en 1934, après plus de trente ans de chant de Fiordiligi à Brunnnhilde et Turandot , semble aussi fraîche qu'une marguerite et dans une éclatante santé vocale. Si l'on ne peut en dire autant de Nellie Melba enregistrée en 1926 à l'âge de 65 ans, les nouveaux moyens électriques d'enregistrement révèlent une plénitude sonore qui n'était pas toujours aussi évidente dans les disques plus anciens. On peut enfin comprendre pourquoi cette voix aux saveurs de pêche inspira la fameuse recette d'Escoffier. La bizarre combinaison dans le chant de Melba entre le choriste asexué et la Dame de fer,
(Mme Thatcher en soutane) ne plaisait pas à Puccini. Il détestait son interprétation de Mimi et se référait méchamment à Melba dans ses lettres comme " la nonagenariene ". Avec certaines de ces cantatrices anglo-saxonnes, on dirait que cela sonne comme un écrin de " pas de sexe, nous sommes anglais ". En revanche, personne ne s'est jamais plaint de manque de sex appeal de l'Ecossaise Mary Garden ou de la Néo Zélandaise Frances Alda. L'interprétation intime et sensuellement rêveuse de la chanson " At Night " par la mezzo grandement sous-estimée Olga Haley née à Huddersfield est discrètement érotique d'une manière assez anglaise.
La contrepartie Mezzo et Contralto de la virginale soprano est la matrone. Dame Clara Butt peut en être considérée comme l'archétype bien qu'elle fut décidément quelqu'un d'à part et presque un phénomène dans les impressionnants abysses de sa voix (" une voix obscène " selon Reynaldo Hahn). C'était un type de voix en vogue à l'époque et l'une de celles dont Gilbert et Sullivan tiraient beaucoup d'effets comiques comme l'interprétation par Bertha Lewis de l'air de Lady Jane dans Patience. Quand les mezzos et contraltos ne travaillaient pas pour Gilbert et Sullivan ils avaient alors tendance à se confiner dans le circuit des oratorios. C'était un style de chant qui ne s'adaptait pas toujours confortablement à l'opéra. Les sonorités lugubres d'oratorio de Gladys Parr s'introduisent d'une façon incongrue dans l'enregistrement fameux du Quintet des Maîtres Chanteurs avec Friedrich Schorr, Lauritz Mechior et Elisabeth Schummann produisant un effet presque comique. Comme exemple de ce style à son meilleur et à son mieux adapté, nous avons la splendide prestation par Muriel Brunskill d'un air du St Paul de Mendelssohn.
Le joker de cet album est Maguerite D'Alvarez. Guère anglo-saxonnne (elle était moitié péruvienne moitié française) et certainement pas une vierge à en croire ses mémoires turbulentes, elle était néanmoins née à Liverpool et pouvait se comparer avec les meilleures utilisatrices du style matron anglais d'oratorio. En contraste et repos, nous pouvons terminer ce disque récital avec D'Alvarez chantant une Zarzuela sous une forme glorieusement déboutonnée - Miss Marple en Carmen !
Virgins and Matrons.
Women singers of the Anglo-Saxon School
In the early years of the twentieth century it was usually possible to tell the nationality of a singer from the moment that he or she opened his or her mouth. Gallic sopranos with their bright, piquant timbre sounded quite different from their warmer-voiced and more vibrant Italian colleagues. British and Australasian sopranos and mezzos also produced an individual and instantly recognizable sound. Though the Anglo-Saxon sound was related to the creamy and instrumental sound of Germans and other Northern Europeans it was again something quite different. The stately British mezzos and contraltos of the early twentieth century were also in marked contrast to their more earthy and temperamental Latin sisters.
From the huge-voiced Wagnerian Florence Austral to the exquisitely fragile Dora Labbette and on down to the quasi-baritonal Clara Butt, all the singers on this disc are characterized by a purity and steadiness of tone that in the higher voices might be described as angelic or virginal and in the lower ones as matronly.
Some of these singers, notably Melba and Garden had glorious international careers. (Though Melba was not liked everywhere). Others may be regarded as provincial and indeed had provincial careers. The lovely Ada Alsop who begins this disc was based in Manchester. Isobel Baillie was loved in the British provinces and throughout the Empire, even attempting some operatic performances in New Zealand but rarely ventured across the Channel. Amongst the many singers who had busy and useful local careers in Britain and who are now unjustly forgotten are the New Zealander Rosina Buckman and Margaret Ritchie from the unglamorous fishing town of Grimsby. Buckman is particularly delightful in the equally forgotten opera "The Boatsman's Mate" by Dame Ethel Smythe. Ritchie's version of Schubert's "Der Hirt auf dem Felsen" is surely amongst the very best and even holds it own against the famous version of Elisabeth Schumann.
It is surprising how the characteristic "Anglo-Saxon" sound frequently survived French or Italian training. It seems hardly credible, for example, that the prim Miriam Licette who sounds like a well-behaved school girl and performs the Jewel Song from Faust as though larking around on the playing field, was trained in Paris and Milan and one wonders what Roman audiences would have made of her interpretation of Madama Butterfly in 1911. When Sir Thomas Beecham attempted to pass off his mistress Dora Labbette as a newly discovered "Italian" soprano (named Lisa Perli, after the London suburb of Purley where she was born) in 1935 it can have fooled few people. At the first rehearsal of La Bohème, a member of the orchestra was heard to exclaim "Blimey! It's Dora!)
In most cases these singer's security of technique and their reluctance to take emotional and vocal risks, paid vocal dividends over lengthy careers. The English soprano Florence Easton as recorded in 1934 after more than 30 years of singing everything from Fiordiligi to Brunnhilde and Turandot sounds fresh as a daisy and in glowing vocal good health. If the same cannot quite be said of Dame Nellie Melba recorded at the age of 65 in 1926, the new electric recording medium revealed a fullness of tone not always evident in her earlier records. We can understand at last why this peachy voice inspired the famous recipe of Escoffier. The odd combination in Melba's singing of sexless choirboy and Iron Lady (Mrs Thatcher in a cassock) was not to the liking of Puccini. He detested her interpretation of Mimi and referred to Melba unkindly in his letters as "the nonagenarian". With some of these Anglo-Saxon singers it sounds like a case of "No sex please we're British". However nobody ever complained of lack of sex appeal in the Scottish Mary Garden and the New Zealander Frances Alda. The intimate and dreamily sensual interpretation of the song "At Night" by the greatly underrated Huddersfield-born mezzo Olga Haley is discretely erotic in a rather English way.
The Mezzo and Contralto counterpart of the virginal soprano is the matron. Dame Clara Butt might be regarded as the archetype though she was decidedly a one off and almost freakish in the awesome depths of her voice ( "une voix obscène" according to Reynaldo Hahn). It was a vocal type much in vogue at the time and one from which Gilbert and Sullivan extracted much comic fun as we hear from Bertha Lewis' rendition of Lady Jane's aria from Patience. When the mezzos and contraltos were not camping it up in Gilbert and Sullivan then tended to be confined to the oratorio circuit. It was a style of singing that could not always be adapted comfortably to opera. Gladys Parr's lugubrious oratorio tones intrude incongruously in the famous recording of the Meistersinger Quintet with Friedrich Schorr, Lauritz Melchior and Elisabeth Schumann to almost comical effect. As an example of this style at its best and most appropriate we have Muriel Brunskill's splendid account of an aria from Mendelssohn's St. Paul.
The joker in the pack here is Marguerite D'Alvarez. Hardly Anglo-Saxon (she was half Peruvian and half French) and certainly not a virgin if we are to believe her rumbustious memoirs, she was nevertheless born in Liverpool and could do the matronly English oratorio style with the best of them. By way of contrast and relief we end this recital disc with D'Alvarez in gloriously unbuttoned form in Zarzuela - Miss Marple as Carmen!


Prix : 13.00 (Including TVA at 20%)


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