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Le Palais Garnier 10 CD

Le Palais Garnier 10 CD

Ref: CDRG215

Etrangement, jusqu'à présent, il n'existait pas en tant que tel d'histoire sonore de l'Opéra de Paris permettant de retracer sur une durée de 60 années environ, l'activité lyrique de la maison. Un projet d'ensemble de fait s'imposait. Il se concrétise aujourd'hui par la parution aux éditions Malibran Music d'un coffret de 10 disques couvrant une période parmi les plus florissantes, soit 1900 à 1960. Les principales lignes directrices en ont été élaborées avec l'appui de Nicolas Joël, Directeur de l'Opéra National de Paris. Pour mener à bon port ce projet soutenu par l'AROP, un comité éditorial s'est constitué en début d'année 2014 composé de Christophe Ghristi, directeur de la dramaturgie de l'Opéra National de Paris, de Floriana Miranda directrice de la firme discographique Malibran et de son époux, Carlo Ciabrini, animateur du label, de José Pons, musicologue et critique musical.
La première phase de travail consistait à répertorier l'ensemble des interprètes et des ouvrages lyriques représentés au Palais Garnier depuis 1875. La seconde étape visait à rassembler tous les documents sonores existants que ce soit au niveau du disque depuis ses origines ou dans le cadre de retransmissions radiophoniques préservées notamment par le grand collectionneur passionné d'opéra et de voix, époux de la soprano Renée Doria, Guy Dumazert. Il fut convenu de privilégier la reproduction de documents, pas si nombreux hélas, ayant pour cadre l'Opéra de Paris en lui-même. C'est ainsi que le premier disque s'ouvre sur des extraits des Indes Galantes de Jean-Philippe Rameau captées depuis la scène du Palais Garnier en 1954, deux années après la récréation de l'ouvrage sur la première scène nationale, avec notamment Rita Gorr, Suzanne Sarroca, Geori Boué. La présentation radiophonique d'origine a été conservée afin de souligner la solennité de l'évènement. On y trouve aussi les deux airs de la Reine de la Nuit de la Flûte Enchantée de Mozart interprétés sur scène par Mado Robin le 22 décembre 1954 lors de la première représentation de la nouvelle production de l'ouvrage dans la mise en scène réglée par Maurice Lehmann sous la direction musicale de Georges Sébastian. L'Orchestre de l'Opéra de Paris a régulièrement accompagné, sous la direction des plus grands chefs (Eugène Bigot, Roger Desormière, André Cluytens, Pierre Dervaux, Georges Sébastian, Serge Baudo…), l'enregistrement de récitals d'airs d'opéra par des artistes maison comme Michel Dens par exemple. Un florilège d'extraits de ces récitals vient enrichir la présente parution. Tout en regrettant l'absence de plusieurs éminents chanteurs qui s'illustrèrent hautement sur la scène de l'Opéra Garnier comme le ténor Jean de Reszké ou la soprano Lucienne Bréval dont le nom est justement associé à l'entrée au répertoire des ouvrages de Richard Wagner, ce faute d'enregistrements, le choix ensuite opéré par le comité éditorial au terme des écoutes peut apparaître forcément subjectif à certains. Pourquoi choisir tel artiste dans tel air et non tel autre tout aussi important ! Outre un équilibre général constamment recherché entre gravures anciennes de plus ou moins bonne qualité - mais indispensables car représentatives de l'art d'un interprète, d'une époque et d'un style ou constituant le seul extrait connu d'un ouvrage lyrique rare-, et gravures plus contemporaines de l'ère des 33 tours, il convenait de faire découvrir -ou redécouvrir- au public actuel les grands interprètes qui firent la gloire de l'Opéra de Paris. Et ils furent nombreux !
Ensuite, vint la phase de classification et d'ordonnancement des morceaux retenus. Une entrée par compositeur et par époque s'est dès lors imposée en articulation avec le texte de présentation du coffret comportant outre les origines du Palais Garnier, une histoire de la politique artistique menée par les directeurs successifs jusqu'aux années 1960 -notamment Jacques Rouché pour la période 1914 à 1945-, et une présentation de la troupe des artistes lyriques qui se sont succédés sur scène. Le premier disque s'intitule " Présence de la musique ancienne au Palais Garnier ", de Rameau à Cherubini. Outre des extraits des Indes Galantes, il permet de renouer entre autres avec Alceste (Guy Chauvet, Rita Gorr), Iphigénie en Tauride (Suzanne Balguerie), Orphée et Eurydice (Gabriel Bacquier) de Christoph Willibald Gluck, Don Juan(Miguel Villabella), les Noces de Figaro (Roger Bourdin, la délicieuse Emma Luart en Suzanne), La Flûte Enchantée de Wolfgang Amadeus Mozart (Marcel Journet, Gabrielle Ritter-Ciampi, Mado Robin) et Médée de Luigi Cherubini (Rita Gorr, Andrée Esposito). Le Grand Opéra Français de Daniel-François Esprit Auber (La Muette de Portici), Gaetano Donizetti (La Favorite), Fromental Halévy (La Juive, La Reine de Chypre), Giacomo Meyerbeer (l'Africaine, Le Prophète, les Huguenots, Robert le Diable), Rossini (Guillaume Tell), Ambroise Thomas (Hamlet) occupe le second disque. On peut y entendre des interprètes de légende du début du 20ème siècle tout particulièrement comme le baryton Maurice Renaud, les mezzos sopranos ou contraltos Marie Delna et Blanche Deschamps-Jehin, les basses Pol Plançon ou Francisque Delmas, les ténors héroïques Léonce Escalaïs et César Vezzani, même si ce dernier ne s'est jamais produit sur la scène de Garnier. Mais il demeure en soit la référence absolue dans le rôle d'Eléazar de La Juive (air fameux, Rachel, quand du Seigneur). Le troisième volume est pour sa part consacré à Hector Berlioz (La Damnation de Faust avec Georges Thill, Les Troyens : Marisa Ferrer, Michel Sénéchal) entré tardivement au répertoire, à l'incontournable Charles Gounod avec Faust (Alain Vanzo, Yvonne Gall) ou Roméo et Juliette bien entendu (scène du tombeau avec Georges Thill et Germaine Feraldy), ses ouvrages les plus célébrés à l'Opéra de Paris, mais aussi beaucoup plus rares, des airs extraits de Sapho (Félia Litvinne), de Polyeucte et du Tribut de Zamora. La production lyrique de Camille Saint -Saëns, en dehors de Samson et Dalila (figurant ici avec José Luccioni interprète fascinant de Samson entouré de Denise Scharley, Suzanne Lefort et Henri Médus), est imposante, mais de nos jours très négligée. Des extraits rarissimes d'Hélène (Jacqueline Brumaire), Ascanio (par le baryton Jean Lassalle, créateur de l'ouvrage), Déjanire, Les Barbares ou Henry VIII (Charles Cambon) viennent combler une injuste lacune et, souhaitons-le, relancer l'intérêt réel de ces œuvres lyriques. Le quatrième disque est intégralement consacré à Jules Massenet, avec une place cependant réservée pour un de ses élèves Reynaldo Hahn et son Marchand de Venise (air de Shylock par le créateur, la basse André Pernet). Quatre airs extraits d'Ariane, mais aussi d'Esclarmonde (Maria Koutnetzoff), Grisélidis, La Navarraise, Hérodiade (Andréa Guiot, Robert Massard, Paul Finel), Le Cid, le Mage (Agustarello Affre), Le Roi de Lahore, Roma (Léon Beyle) et Thaïs (Ninon Vallin, Renée Doria, Yvonne Gall) permettent de mesurer l'importance essentielle du legs du grand compositeur d'origine stéphanoise. Les ouvrages de Giuseppe Verdi, dont les rapports avec l'Opéra de Paris qu'il dénommait " La Grande Boutique " ne furent jamais faciles, composent le cinquième disque. Outre Aïda (Air d'entrée de Radamés O céleste Aïda par Paul Franz) ou l'air de Philippe II de Don Carlos dans sa version originale en français par Pol Plançon, le CD propose La Traviata (Beniamino Gigli, Jean Borthayre, Renée Doria), Le Bal Masqué (Albert Lance), Le Trouvère (Miserere électrisant chanté par Suzanne Juyol et José Luccioni), Rigoletto, (Ernest Blanc), Othello avec Luccioni toujours et la jeune Régine Crespin de 1955 (Air du Saule et Ave Maria) captée sur la scène même du Palais Garnier, Desdémone proche de l'idéal ! Après l'échec de Tannhäuser en 1861, le public parisien devra patienter jusqu'en 1891 pour voir enfin représenter un ouvrage de Richard Wagner à l'Opéra, en l'occurrence Lohengrin. Suivront dès lors assez rapidement, les créations de La Walkyrie (1893), Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg quatre ans plus tard, puis dans l'ordre Siegfried, Tristan et Isolde, Le Crépuscule des Dieux en 1908, l'Or du Rhin, Parsifal en 1914. En 1911, l'Anneau du Nibelung est représenté pour la première fois en intégralité. La reprise de Tannhäuser en 1895 balaie les amertumes de 1861. Le Cd 6 Richard Wagner permet d'apprécier le talent de nombreux interprètes français du compositeur allemand : Georges Thill (Lohengrin), José de Tévi, Ernest Blanc (Tannhäuser), Marcel Journet, Marjorie Lawrence (La Walkyrie)), Paul Franz et la radieuse Germaine Lubin (Tristan et Isolde)… Outre les compositeurs phares ci-dessus évoqués, le répertoire de l'Opéra de Paris va s'enrichir de l'apport de nombreux autres créateurs, dont les ouvrages et la réputation se sont plus ou moins inscrits dans la mémoire ou la durée (CD 7). Le succès d'Ernest Reyer, compositeur marseillais, fut considérable avec des opéras à grand décorums comme Salammbô ou Sigurd (extraits avec deux des créateurs, Maurice Renaud et la divine Rose Caron). Le Roi d'Ys d'Edouard Lalo 'air de Margared par Suzanne Juyol) figure toujours au répertoire, et ce n'est que justice. Le présent CD offre un panorama, pour une bonne part pour la première fois rééditée au disque, d'extraits d'ouvrages majoritairement créés sur la première scène lyrique dont entre autres : Gwendoline(Marthe Nespoulous) et Briséis( Christiane Castelli) d'Emmanuel Chabrier, Monna Vanna d'Henry Février (par les créateurs Lucien Muratore et Vanni-Marcoux), Fervaal de Vincent D'indy, Astarté de Xavier Leroux (David Devriès), Antar de Gabriel Dupont (air de l'oasis par Fanny Heldy), Vercingétorix de Joseph Canteloube (Georges Thill avec le compositeur au piano), le puissant Guercoeur d'Albéric Magnard (Arthur Endréze, créateur de l'ouvrage en 1931). Le CD 8 poursuit cette exploration en se rapprochant un peu plus de notre époque : Marouf, Rolande et le mauvais garçon, La Fille de Roland d'Henri Rabaud (Georges Thill), Œdipe de Georges Enesco (scène de la Sphynge avec Xavier Depraz et Rita Gorr), L'Aiglon d'Arthur Honneger et Jacques Ibert (Geori Boué, grande interprète du rôle), Antigone d'Honneger et Persée et Andromède d'Ibert, Ariane et Barbe-Bleue de Paul Dukas (Suzanne Balguerie). Le volume 9 s'ouvre à Gabriel Fauré (Pénélope avec Berthe Montmart et Georges Jouatte), Albert Roussel (Padmavati, Solange Michel), Henri Sauguet (La Chartreuse de Parme), Darius Milhaud avec Maximilien, Médée et Bolivar. Le triomphe de Dialogues des Carmélites de Francis Poulenc ne cesse de s'intensifier avec le temps. Nous retrouvons deux des lumineuses créatrices de l'ouvrage en 1957, Denise Duval (Sœur Blanche de la Force) et Liliane Berton (Sœur Constance de Saint Denis). Henri Tomasi (l'Atlandide avec le ténor canadien Raoul Jobin), Max d'Ollone (La Samaritaine), Henri Büsser (Les Noces Corinthiennes) finalisent un vaste panorama éclectique et varié, représentatif des différents mouvements musicaux qui firent l'histoire de la musique française. Le dernier Cd (10) regroupe des extraits d'ouvrages étrangers qui ont marqué l'histoire du Palais Garnier : Le Freischutz et Obéron de Carl Maria Von Weber (ouverture de l'ouvrage dirigée par André Cluytens en 1954 avec l'Orchestre de l'Opéra), Boris Godounov de Modeste Moussorgski (Marisa Ferrer, Vanni-Marcoux, André Pernet), le Coq d'Or de Nicolaï Rimsky-Korsakov (Hymne au Soleil par Eidé Norena), Le Prince Igor d'Alexandre Borodine (Pierre Nougaro), Tosca de Giacomo Puccini (Gabriel Bacquier, Germaine Lubin), Le Chevalier à la Rose de Richard Strauss avec le monologue de la Maréchale par Germaine Hoerner, le duo final du premier acte La Maréchale/Octavian par Régine Crespin et Suzanne Sarroca, le monologue du Baron Ochs par Huberty au final de l'acte 2 de l'ouvrage.

Ce coffret de 10 disques souhaite rendre hommage à l'ensemble des artistes qui sur plusieurs décennies, par leur talent et leur implication, firent l'orgueil de l'Opéra de Paris. Il s'arrête volontairement à la fin des années 1960, car une autre époque s'ouvre ensuite avec la disparition de la troupe et l'arrivée à la direction de l'Opéra de Rolf Liebermann qui portait un projet sensiblement différent. Ce dernier va avec intelligence et éclat faire entrer l'Opéra de Paris dans la modernité et rétablir son aura au premier plan des scènes lyriques internationales. Ce coffret ne s'adresse pas essentiellement à un public averti loin s'en faut. Il espère toucher un large public curieux de connaître et d'apprécier cette " histoire sonore ". Il a aussi pour finalité de porter un message auprès des jeunes artistes qui s'engagent sur la voie périlleuse de la carrière d'artiste lyrique en leur offrant des exemples, des témoignages sonores. Il devrait étayer leur curiosité et leur intérêt à ceux qui les ont précédés.

José Pons


Prix : 29.00 (Including TVA at 20%)


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