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La Favorite - Donizetti - VF (1912)

La Favorite - Donizetti - VF (1912)

Ref: CDRG130

LA FAVORITE

Opéra en 4 actes
Livret de Scribe, A.Royer et G.VAËZ
Musique de Gaetano DONIZETTI


Léonor de Guzman.....Ketty LAPEYRETTE
Alphonse...............................Henri ALBERS
Fernard.......Robert LASSALLE
Balthazar...Robert MARVINI
Don Gaspard.....Georges de POUMAYRAC
Inès.....Marie GANTERI

ORCHESTRE ET CHOEURS
de L’OPERA-COMIQUE
Direction
François RUHLMANN

Disques PATHE SAPHIR 1551/1571 Paris 1912


GENESE DE L'OUVRAGE

Contrairement à ce qui devait être le cas pour Verdi, Donizetti aimait écrire pour l'Opéra de Paris. Il y trouvait, bien plus qu'en son pays natal, une grande liberté dans le choix de ses sujets. Par ailleurs la tradition artistique française, avec son goût pour les proportions grandioses, lui permettait de donner libre cours à son inspiration.
La Favorite est l'une des oeuvres françaises de Donizetti. Ce " grand opéra " en quatre actes et un ballet, sur un livre d'Alphonse Royer et Gustave Newenhuysen, dit Waëz, fut créé sur la scène de l'Académie Royale de Musique (Salle LE PELETIER) le 2 Décembre 1840. L'ouvrage connut alors un succès d'estime, qui se transforma en triomphe lorsque Carlotta GRISI fit ses débuts dans le ballet le 12 Février 1841. Il fit une belle carrière à l'Opéra de Paris (il parut pour la première fois sur la scène du Palais Garnier le 25 Janvier 1875). La 692ème et dernière représentation y eut lieu le 25 Août 1918, avec Alice DAUMAS, Léon LAFFITE, LouisLESTELLY et Albert HUBERTY, sous la direction de François RÜHLMANN.
Une première version italienne de La Favorite, dans une traduction de Francesco JANNETTI, fut représentée en Juin 1842 au Teatro Nuovo de Padoue. Elle fut éclipsée par une autre version - sur un texte peu fidèle à l'original et mal construit - de Calisto BASSI. Cette dernière fut donnée pour la première fois le 16 Août 1843 à la Scala de Milan, avec l'ALBONI et FERRETTI. Elle devait depuis faire - et continue de faire - le tour du monde. Une durable légende veut que La Favorite ait été composée en un temps record et que notamment le dernier acte l'ait été en quelques heures, après un excellent dîner chez une certaine comtesse de Bassanville. Des recherches sérieuses ont ramené le mythe de la virtuosité créatrice de Donizetti à des proportions plus raisonnables. Le ténor JOLY, directeur du théâtre de la Renaissance, avait commandé à Donizetti un opéra, l'ange de Nisida. Entre temps, ce directeur peu avisé fit faillite, ayant investi de fortes sommes dans la production de La chaste Suzanne d'Hyppolyte MOMPOU, qui fut un four complet. Heureusement Donizetti avait conservé son manuscrit. Aussi, lorsque l'Opéra lui passa commande d'un grand opéra avec ballet, il s'empressa de le réutiliser pour le couler dans le moule du livret fourni par Royer et Waëz. En faisant de larges emprunts à son opéra inachevé, Adélaïde, il allongea le premier acte, pour le scinder en deux actes. Au troisième acte, devenu ainsi quatrième, il rajouta l'air célèbre " Ange si pur... " repris tel quel de son Duc d'Albe. En définitive, Donizetti ne composa tout exprès pour son nouvel opéra que l'ouverture, le ballet et cinq airs, et dès lors on comprend mieux qu'il ait pu " faire vite ".

RESUME DE L'ACTION

Nous sommes aux environs de 1340, dans les montagnes de Castille.
ACTE I
Au couvent de Saint-Jacques de Compostelle, le novice Fernand confie à son supérieur Balthazar combien il est troublé par la rencontre qu'il fait souvent à la messe d'une jeune femme inconnue, d'une étrange beauté. Malgré les admonestations du Prieur, il renonce à l'état monastique, et, pour mériter celle qu'il aime, il prend l'épée et vole aux combats.

ACTE II
Sous les ombrages de l'Alcazar, Alphonse, roi de Castille, attend le retour de Fernand, qui, à la tête de l'armée, s'est couvert de gloire en défaisant les Maures. Balthazar remet au Souverain le courrier du Saint-Siège, qui l'enjoint de renoncer à prendre pour femme légitime sa favorite, Léonor de Guzmann. Envers et contre tous, Alphonse se jure de la faire reine. Léonore, qui n'est autre que l'inconnue dont Fernand s'est épris sans connaître son état, adjure le Roi de la laisser fuir loin de la cour. Celui-ci refuse, d'autant plus fermement qu'il a des doutes sur la fidélité de sa maîtresse.

ACTE III
Pour prix de ses services, Fernand demande au Roi la main de Léonor,.Alphonse, qui découvre ainsi qui est son rival et qui désire se venger, exige que le mariage ait lieu dans l'heure qui suit. Dans la conscience de Léonor se livre un cruel combat. Pour sauver l'honneur de Fernand, elle décide de lui faire connaître la vérité par un message qu'elle confie à sa suivante Inès.
ACTE IV
Alphonse s'est arrangé pour que le message soit intercepté et pour que Fernand, le mariage célébré, apprenne la vérité de la bouche des courtisans. Révolté par le rôle qu'on a voulu lui faire jouer, Fernand se retire à nouveau du monde. Léonor, déguisée en novice, pénètre dans le couvent. La reconnaissant, Fernand lui enjoint de partir. Elle parvient cependant à lui dire comme elle a essayé de le mettre au courant avant leur mariage et elle implore son pardon pour le mal qu'elle lui a fait. Fernand n'a pas oublié son amour pour elle. Mais il est trop tard. Léonor meurt dans ses bras.

LES EMPLOIS VOCAUX ET L'INTERPRETATION

La partie de Léonor est parfois tenue par des sopranos dramatiques, mais elle convient davantage au mezzo d'opéra, d'un timbre plus sombre - malgré l'agilité que requiert certains traits. Le grand air " O mon Fernand... " reste l'un des chevaux de bataille de cet emploi ; de Pauline Viardot et d'Alphonsine Richard à Margaret Matzenauer et Gabriella Bensanzoni, innombrables sont les cantatrices qui lui durent une bonne part de leur notoriété. Ketty Lapeyrette, qui chanta le rôle de Léonore - avec un immense succès - en 1918 à l'Opéra de Paris, fut l'un des piliers de cette maison à son heure de gloire. Elle y débuta le 15 Janvier 1908 dans le rôle de Dalila et se retira trente ans plus tard, après y avoir chanté plus de soixante rôles et participé à trente créations. Sa voix était chaude, puissante et fort étendue.
La tessiture du rôle de Fernand exige de l'interprète, avec une quinte aiguë exceptionnelle, un art achevé du phrasé et du souffle. Les plus illustres ténors de toutes langues ont tenu à singulier honneur d'incarner le personnage. Certains d'entre eux, et non des moindres, ont accoutumé de transposer d'un demi-ton les deux périlleuses cavatines, qui culminent, la première sur un contre-ut dièse, et la seconde sur un contre-ut. Comme le faisaient (entre autres) Duprez, Stagno, Gayarré, Bonci ou Lazaro, elles sont rendues ici dans le ton original par le ténor Robert Lassalle. Fils du célébrissime baryton Jean Lassalle, ce ténor fit une belle carrière à Paris (à l'Opéra) et en Province, s'illustrant particulièrement dans les deux Faust, dans Roméo, le Duc de Mantoue ou Lohengrin.
La Favorite contient enfin deux des plus beaux airs qui aient jamais été écrits pour baryton d'opéra. Faure, Lassalle, Renaud, Noté y connurent de retentissants succès, et bien sûr le grand, le très grand Henri Albers, qui tient dans cet enregistrement le rôle d'Alphonse . Né le 1er Février 1866 à Amsterdam, Henri Albers fut d'abord comédien. Il le serait resté, si le directeur de l'Opéra d'Amsterdam n'avait découvert sa voix et ne l'avait décidé à devenir chanteur. Il fit ses débuts dans sa ville natale en Octobre 1889 dans le Méphisto du Faust de Gounod. Deux ans plus tard, il devenait le baryton-vedette de l'Opéra d'Anvers. En 1893, il y fut remarqué par Massenet, qui l'emmena à Paris où il lui fit parfaire son chant sous l'autorité de Jean-Baptiste Faure. Ce fut alors l'envol vers la gloire : Bordeaux, Monte-Carlo une longue tournée en Amérique, une saison particulièrement chargée au Metropolitan-Opera de New York, avec pas moins de huit rôles, dont celui d'Alphonse de la Favorite, maintes saisons d'été à Vichy, Aix-les-Bains et Ostende... Le Covent-Garden de Londres six saisons de suite, la Monnaie de Bruxelles avec un contrat de cinq ans, l'Opéra-Comique enfin, dont il fut le premier baryton de 1908 à sa mort accidentelle en 1926. Henri Albers avait une voix puissante, au timbre noir d'une grande beauté, fort étendue et parfaitement placée. Musicien infaillible, il était en outre un étonnant comédien.
Ceux qui ont fréquenté assidûment la Salle Favart puis le Palais Garnier entre les deux guerres n'ont pas oublié la silhouette fine, la barbe bien taillée, le geste court et précis de l'infatigable François Ruhlmann, qui, avec autant de modestie que d'efficacité, fut l'âme musicale de nos deux grandes scènes lyriques parisiennes. Parmi d'autres enregistrements intégraux réalisés sous sa direction à la même époque, cette Favorite est un témoignage sincère de ce qu'il savait faire contre vents et marées.
Jean ZIEGLER & Guy DUMAZERT


Prix : 9.00 (Including TVA at 20%)


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