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La Danseuse de Tanagra - Les Hirondelles - Hirchmann 2CD

La Danseuse de Tanagra - Les Hirondelles - Hirchmann 2CD

Ref: MR799

LA DANSEUSE DE TANAGRA

Livret de Paul Ferrier et Félicien Champsaur
(création : Opéra de Nice, 8 Février 1911)

Berthe MONMART (Messaline)
Nadine SAUTEREAU (Karysta)
Solange MICHEL (Géo)
Robert MASSARD (Cépéos)
Jean MOLLIEN (Silius)
Michel HAMEL (Manichus)
Lucien LOVANO (Jean)

Chœur et Orchestre Radio-Lyrique
Chef des Chœurs : René ALLIX
Gustave CLOËZ (RTF 1956)

Maryse BEAUJON
- La danseuse de Tanagra
12 Je dansais, oui, jadis (Columbia LF?29, Circa 1930)
13 Oui, près de toi LF 29, direction E.Bigot

Henri Hirchmann (sans le S attendu, Hirschmann, mais c’est lui-même qui l’a enlevé) est un musicien typique de la Belle Epoque. Il est né à Saint-Mandé en 1872 et a eu au Conservatoire deux professeurs exceptionnels, André Gedalge et Massenet, avec lequel il étudie deux ans. Il faut bien dire que la figure de Massenet, qui domine alors la scène lyrique internationale, fait une ombre cruelle à nombre de ses élèves. Il connaît son premier succès à l’âge de 25 ans, avec L’Amour à la Bastille, donné à l’Opéra-Comique en 1897. Dans les années suivantes, c’est l’opérette et l’opéra-comique qui lui assurent des succès immédiats : La Petite Bohème d’après Murger bien sûr aux Variétés et Les Hirondelles, créé à Bruxelles puis donné à la Gaité. Dans les deux cas, il travaille avec des librettistes expérimentés. Paul Ferrier (1843-1920) est un auteur à succès. Ses comédies sont jouées au Palais-Royal, au Vaudeville, au Gymnase. Et il collabore avec quelques-uns des compositeurs les plus envogue de l’époque : Offenbach pour La Marocaine, Varney pour les Mousquetaires au couvent, mais aussi Lecocq, Victor Roger ou Pierné. Il travaille aussi avec Puccini à l’occasion de la création française de Tosca. Même chose avec Maurice Ordonneau, auteur des Saltimbanques (Louis Ganne) et librettiste régulier d’Edmond Audran. Ces deux opérettes ont beaucoup de succès et sont jouées dans de nombreux théâtres en province. Les extraits des Hirondelles montrent en effet une verve et un entrain délectables.
Dans le registre dramatique, Hirchmann aura moins de succès. Lovelace et Hernani disparaissent assez vite des affiches. La Danseuse de Tanagra (1911) est une commande de l’Opéra de Nice et de son directeur Henri Villefranck. C’est un drame antique et décadent comme l’époque les aime, adapté du roman de Félicien Champsaur L’Orgie romaine par le fidèle Paul Ferrier. Champsaur, journaliste et romancier à succès, est, rappelons-le, le premier inventeur du personnage de Lulu, repris ensuite par Wedekind et Alban Berg. Depuis Hérodiade, Massenet a cultivé le genre avec Thaïs, Ariane et bientôt Roma et Cléopâtre. C’est aussi le cas de Saint-Saëns, Xavier Leroux (Theodora), Mariotte (Salomé) ou encore Magnard (Bérénice). Ne l’oublions pas : l’un des ouvrages préférés du Palais Garnier est alors Thaïs, puisqu’il permet, outres des danses lascives, des décors mirobolants et de riches falbalas, de sulfureuses entrées des cantatrices (Cavalieri peut-être nue sous ses bijoux ?)… Hirchmann s’engouffre donc dans cette mode déjà ancienne de l’érotico-antique avec l’histoire de Karysta (soprano) et Sépéos (baryton), troupe de baladins égyptiens, venus chercher fortune dans la Rome de Messaline… L’intrigue est la suivante : l’arrivée à Rome (acte1) des deux amants est ternie par la prédiction de Géo, mère de Sépéos (alto). Karysta mourra après avoir dansé trois fois. Sur la Voie Appienne (acte 2), tous deux attirent l’attention de l’impératrice Messaline (soprano) et de son amant Silius (ténor). Sépéos refuse un grade que lui propose Messaline et, pour l’apaiser, Karysta accepte de danser une première fois. Sépéos s’emporte et est fait prisonnier. Silius enlève Karysta. Au troisième acte, dans les jardins de Silius, les deux amants ont réussir à fuir et se retrouvent. Leurs trop longues effusions sont surprises par Silius. Karysta doit danser encore pour sa liberté – en vain. Messaline retient Sépéos et lui fait croire à l’infidélité de Karysta. Dans les deux derniers actes (ou tableaux, selon les sources), Messaline verse un narcotique à Sépéos et fait croire à Karysta qu’il est mort… Ne voulant plus vivre, elle accepte de danser une dernière fois devant les invités de Messaline à une orgie nocturne. Son amant se réveille et, malgré ses protestations, la croit coupable et la tue. Apprenant la vérité, il se poignarde à son tour. L’orgie peut continuer…
Sur ce canevas, Hirchmann a composé la musique que l’on attend d’un bon élève de Massenet : fluide, sensuelle, colorée. Les danses ont leur parfum oriental et les injonctions de Messaline leur cruelle grandeur… L’on peut imaginer aussi les décors somptueux que permet l’intrigue (les jardins, les appartements impériaux). L’ouvrage aurait pu d’ailleurs pu porter le nom de l’impératrice mais souvenons-nous qu’en 1899, Isidore de Lara avait lui-même composé une Messaline, créée avec un très grand succès à Monte-Carlo, donc tout près de Nice, et qui est en train de faire le tour du monde, jusqu’au Metropolitan de New York avec Emma Calvé, Albert Alvarez et Marcel Journet. Après la création sur la Riviera, La Danseuse de Tanagra a notamment été joué en 1914 à Paris, au Théâtre de la Gaité, avec Zina Brozia, dont Messaline fut le dernier rôle. Hirchmann ne retourna ensuite que rarement au genre dramatique et se consacra davantage à l’opérette (La Petite Manon, La Dame au domino) et au ballet (Roselinde pour l’Opéra de Paris). Son dernier ouvrage est cependant un drame lyrique créé à l’Opéra de Lyon en 1948, La Reine de Thyrma. Il meurt en 1961.
Cet enregistrement radiophonique de 1956 permet de redécouvrir La Danseuse de Tanagra (avec quelques coupures) dans une distribution de grand luxe avec Berthe Monmart, Nadine Sautereau, Solange Michel, Robert Massard et Jean Mollien sous la direction experte de Gustave Cloëz.

Christophe Ghristi

Henri Hirchmann (without the expected S in ‘Hirschmann’ which he himself removed) was a typical turn-of-the-century composer. He was born in 1872 in Saint-Mandé, near Paris, and he studied at the Paris Conservatoire under two exceptional professors, André Gedalge and Massenet, with whom he spent two years. It must be said that most of Massenet’s pupils were overshadowed by the master’s towering figure, who dominated the operatic world. Hirchmann obtained his first success when he was 25, with L’Amour à la Bastille, premiered at the Opéra-Comique in 1897. The operettas and comic operas which he composed in the following years were immediate triumphs: La Petite Bohème, after Murger, of course, at the Variétés Theatre, and Les Hirondelles, first performed in Brussels and reprised in the Théâtre de la Gaîté in Paris. In both cases, he worked with experienced librettists. Paul Ferrier (1843-1920) was a popular author, whose comedies were performed at the Palais-Royal, the Vaudeville and the Gymnase Theatre, and who collaborated with the most appreciated composers of the time: Offenbach for La Marocaine, Varney for Les Mousquetaires au couvent, but also Lecocq, Victor Roger or Pierné; he even worked with Puccini on the French version of Tosca. The same can be said of Maurice Ordonneau, who wrote the libretto for Les Saltimbanques (Louis Ganne) and regularly collaborated with Edmond Audran. Hirchmann’s two operettas were performed with great success in many theatres in the French provinces. Indeed, the excerpts of Les Hirondelles here included as a bonus are full of zest and delightfully bouncy.
Hirchmann was far less successful with his darker dramatic works. Lovelace and Hernani were soon forgotten. La Danseuse de Tanagra (1911) was commissioned by Henri Villefranck, then director of the Opéra de Nice. It was the kind of decadent tragedy which was quite fashionable at the time, on a libretto adapted by the faithful Paul Ferrier after a historical novel by Félicien Champsaur, L’Orgie romaine. A popular writer and journalist, Champsaur was the first inventor of the character of Lulu, who would be later taken up by Wedekind and Alban Berg. After Hérodiade, Massenet had composed several operas situated in classical antiquity: Thaïs, Ariane, Roma and Cléopâtre. Such was also the case of Saint-Saëns, Xavier Leroux (Theodora), Mariotte (Salomé) or Magnard (Bérénice). And one should remember that the public’s favourite opera at the Paris Opera was Thaïs, which allowed for lascivious dances, stupendous decors and splendid costumes, and striking appearances for divas (did Lina Cavalieri actually show herself naked under her jewels?). With the story of Karysta (soprano) and Sépéos (baritone), two Egyptian strolling players seeking their fortunes in Messalina’s Rome, Hirchmann followed the long-lasting fashion for antique eroticism. In Act I, the two lovers arrive in Rome, but Sépéos’ mother Géo (contralto) makes a dark prophecy: Karysta will die after having danced three times. On the Via Appia (Act 2), they attract the attention of Messalina (soprano) and her lover Silius (tenor). The empress offers Sépéos a rank in the army, which he refuses; in order to pacify her, Karysta accepts to dance for the first time. Sépéos gets angry and is sent to jail. Karysta is kidnapped by Silius. In Act 3, having escaped, the two lovers are reunited in Silius’ gardens. Their long effusions are interrupted by Silius. Karysta tries to obtain her freedom by dancing again, but in vain. Messalina detains Sépéos and tells him that Karysta has cheated on him. In the last scenes, the empress gives him a sleeping potion and Karysta believes him dead. As she now aspires to death, she accepts to dance one more time for Messalina’s guests during a night orgy. Her lover wakes up and, thinking her guilty despite her protestations, he kills her. When he learns the truth, he kills himself in turn. The orgy can go on…
The plot inspired to Hirchmann the sensuous, colourful kind of music one could expect from a good disciple of Massenet. The dances have an Oriental flavour and Messalina’s commands are full of majestic cruelty. One can also imagine the lavish settings of the various acts (the gardens, the imperial apartments). The work could have been given the name of the empress, but Isidore de Lara had composed his own Messaline, which had been very successfully premiered in Monte-Carlo, very close to Nice, and which was then produced round the world, including at the Metropolitan Opera in New York, with Emma Calvé, Albert Alvarez and Marcel Journet. After its creation on the Riviera, La Danseuse de Tanagra was performed in Paris in 1914, at the Théâtre de la Gaîté, with Zina Brozia as Messalina, her last part. Hirchmann very seldom tried his hand at tragedy again and devoted himself to operettas (La Petite Manon, La Dame au domino) and ballets (Roselinde for the Paris Opera). However, his last work was a lyrical drama, La Reine de Thyrma, first performed in 1948 at the Opéra de Lyon. He died in 1961.
Thanks to this French radio broadcast, dating back to 1956, we can hear La Danseuse de Tanagra (despite a few cuts) with a luxury cast including Berthe Monmart, Nadine Sautereau, Solange Michel, Robert Massard and Jean Mollien, the orchestra being expertly conducted by Gustave Cloëz.
Texte Christophe Ghristi

Design Floriana Miranda

LES HIRONDELLES (extraits)

Huguette BOULANGEOT (Pomponnette)
Claude BERGERET (Modeste)
Lucien HUBERTY (Brignolles)
Aimé DONIAT (Jean)
Joseph PEYRON (André)
René LENOTY (Le Maître de Poste)

Jean DOUSSARD
(ORTF 04/XI/63)









Prix : 19.00 (Including TVA at 20%)


Vu precedemment