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L'age d'or du Colon de Buenos-Aires

L'age d'or du Colon de Buenos-Aires

Ref: AMR189

The Golden Age of Opera in Buenos Aires

1. Bernardo de Muro Isabeau (Mascagni) " Tu ch'odi mio grido. Grammofono 05239 - 02347u rec 1912
2. Maria Farneti Iris (Mascagni) "Io pingo" Columbia GQX 10326 rec 1931
3. Dmitri Smirnov Mefistofele (Boito) "Giunto sul passo 052293 rec 1909
4. Salomea Kruszelnicka Mefistofele (Boito) "L'altra note" XPh 2213 rec 1906
5. Nazzareno de Angelis Mefistofele (Boito) " Ecco il mondo" Columbia WBX GQX 10628 rec 1931
6. Beniamino Gigli Mefistofele (Boito) "Dai campi, dai prati" BE 24782 rec 1927
7. Gabriella Besanzoni Carmen (Bizet) Habanera V 118451 rec 1932
8. Aurora Buades, Aureliano Pertile Carmen (Bizet) final scene. GQX 10659 rec 1933
9. Tita Schipa Manon (Massenet) Le rêve. G. DA 875 rec 1926
10. Ninon Vallin Manon (Massenet) " Je suis encore toute étourdie" Pathé 201432 rec 1928
11. Lucrezia Bori Manon (Massenet) "Adieu, notre petite table". B28621 rec 1923
12. Giacomo Lauri-Volpi La Gioconda (Ponchielli) "Assassini!"Victor 1416 rec 1929
13. Giannina Arangi-Lombardi La Gioconda (Ponchielli) "Suicidio!" GQX10615 rec 1931
14. Claudia Muzio Tosca (Puccini) "Vissi d'arte" Pathé 63018 rec 1917
15. Miguel Fleta Tosca (Puccini) "E lucevan le stele" Victor 1416 rec 1929
16. Carlo Galeffi Andrea Chenier (Giordano) "Nemico della patria" GQX 114 rec 1930
17. Rosetta Pampanini Turandot(Puccini) "Tanto amore segreto" M. 168015 rec 1926
18. Armand Crabbé Il barbiere di Siviglia (Rossini) Largo al factotum DB 1043
19. Armand Crabbé Marouf ( Rabaud) La Caravane. DB 1306
20. Hina Spani Manon Lescaut (Puccini) "In quelle trine morbide" HMV DA 879 rec 1927
21. Isabel Marengo La Boheme (Puccini) fonotecnica C. 5014

Available Disponible 10 aout 2019

L'opéra à Buenos Aires

Aucune des capitales lyriques du XXe siècle n'a pu surpasser l'éclat des distributions proposées par le Teatro Colón entre 1910 et 1930. Il y avait à cela deux raisons : d'abord, la richesse de l'Argentine à cette époque ; ensuite, le simple fait que Buenos Aires était la seule grande capitale lyrique de l'hémisphère sud et que sa saison d'opéra sa déroulait au moment où tous les grands théâtres de l'hémisphère nord fermaient pour l'été. Le festival de Salzbourg en était à ses balbutiements et les autres grands festivals lyriques restaient à naître. La direction du Colón pouvait donc faire son choix parmi les meilleurs artistes au monde. Les listes de chanteurs de la saison figurant dans les programmes nous mettent l'eau à la bouche et l'on se demande comment le Colón pouvait employer tant des principaux ténors et sopranos de la planète.
Deux troupes à plein temps (l'une pour les répertoires français et italien, l'autre pour l'opéra allemand, avec des chefs comme Mascagni ou Marinuzzi, Richard Strauss ou Felix Weingartner) se rassemblaient à Gênes et embarquaient dans un paquebot de luxe à destination de l'Amérique du sud. La soprano britannique Eva Turner m'a raconté qu'elle retrouvait Claudia Muzio et Toti dal Monte chaque jour pour le thé durant cette traversée apaisante. Hélas, elle était trop discrète pour me révéler la teneur des propos échangés alors, en dehors de quelques platitudes.
La fortune et le raffinement de l'élite argentine sont attestés par les publicités que l'on trouve dans les somptueux programmes du Colón : bijoux, haute couture et automobiles luxueuses. Comme à New York et à Chicago, les listes d'abonados imprimées dans les programmes faisaient office de bottin mondain à Buenos Aires.
Pietro Mascagni était particulièrement apprécié et, en 1911, le compositeur offrit à la ville la création mondiale de son opéra Isabeau, avec Maria Farneti dans le rôle-titre, Carlo Galeffi dans celui du roi, et Antonio Saluda incarnant Folco. Deux ans après, toujours sous la baguette de Mascagni, le personnage de Folco fut repris par le chanteur qui allait devenir le plus étroitement associé avec cette œuvre, Bernardo de Muro, ténor à la voix claironnante. Face à un engouement crossant pour le vérisme, on programmait alors une forte dose d'opéras italiens récents, dont beaucoup ont aujourd'hui disparu du répertoire. Mozart était le plus souvent absent, et la période baroque était entièrement ignorée. Le belcanto, Verdi et la Carmen de Bizet étaient joués dans un style vériste chargé, les passions prenant une ardeur explosive. L'interprétation des deux Carmen les plus en vue dans les années 1920, Aurora Buades et Gabriella Besanzoni, paraît terriblement agressive aux oreilles modernes.
Dans les programmes du Colón, on trouve des distributions de rêve, rarement possibles dans les premières intégrales d'opéra enregistrées parce que les grands chanteurs de l'époque étaient sous contrat avec les divers labels de disques qui proliféraient au début du XXe siècle. Sur ce CD, nous avons essayé de reconstituer quelques-unes de ces distributions idéales en réunissant leurs enregistrements en solo.
Le jeudi 30 juin 1910, on put entendre Mefistofele, de Boito, avec l'immense basse Nazzareno De Angelis, considéré comme le Chaliapine italien, le ténor Dmitri Smirnov, Faust aux exquises nuances, et Salomea Kruszelnicka dans le double rôle de Marguerite et Hélène. Au disque, Kruszelnicka chante d'une voix puissante et vibrante d'émotion, mais avec des trilles parfaitement calibrés. Quelques années plus tard, Gigli et Hina Spani se produisirent dans le même opéra.
Le vendredi 4 juin 1926 fut une autre soirée mémorable : La Gioconda fut représentée avec Giannina Arangi-Lombardi dans le rôle-titre, Giacomo Lauri-Volpi en Enzo, Aurora Buades en Laura, Tancredi Pasero en Alvise et Benvenuto Franci en Barnaba. L'année suivante, Buades fut remplacée par un autre grand mezzo Italien, Ebe Stignani.
Il serait difficile d'imaginer une Tosca plus survoltée que la représentation du vendredi 29 juin 1923, avec Claudia Muzio, Miguel Fleta et Carlo Galeffi. Dans son enregistrement de " Vissi d'arte ", Muzio offre cette voix " de larmes, de soupirs et de feu intérieur maîtrisé " qu'admirait Lauri-Volpi ; dans " E lucevan le stelle ", Fleta s'attarde de manière presque graveleuse sur le dévoilement des charmes de Tosca, interprétation qui n'est nullement destinée à un Beckmesser surveillant son métronome ! On peut se faire une idée de la qualité du Scarpia de Galeffi d'après l'intensité de son " Nemico della patria " d'Andrea Chénier.
Impossible de choisir entre les différentes représentations de Manon, avec Alessandro Bonci et Lucrezia Bori, ou avec Ninon Vallin en Manon. Comment départager le Des Grieux de Tito Schipa et celui de Miguel Fleta, avec autour d'eux d'aussi superbes artistes que Marcel Journet et Armand Crabbé ?
Surnommée " la princesse du chant ", Ninon Vallin n'était surclassée que par Claudia Muzio. Muzio était la reine incontestée de l'opéra à Buenos Aires, et ses talents d'actrices lui avaient valu le titre de " Duse du chant ". Idolâtrée, Muzio aida son jeune amant Aristote Onassis à réaliser son premier grand coup financier en fumant publiquement une cigarette à bout rose alors qu'il avait bien du mal à en écouler un important contingent qu'il avait acheté à bas prix.
Même si l'opéra allemand passait après l'opéra italien dans les années 1920, beaucoup des grands artistes de cet âge d'or du chant wagnérien vinrent se produire au Colón, dont Lotte Lehmann, Helene Wildbrunn, Frida Leider, Lauritz Melchior, Friedrich Schorr et Alexander Kipnis. Dans les années 1930, les membres du parti nazi se mêlaient aux réfugiés juifs lors d'admirables représentations d'opéra allemand dirigées par Erich Kleiber.
En tant que capitale lyrique, Buenos Aires manifestait l'assurance nécessaire à fabriquer ses propres stars. L'une d'elles était le baryton belge Armand Crabbé, qui avait fait une belle carrière en Italie mais qui ne devint une star qu'une fois en Argentine.
La plupart des vedettes du Colón venaient d'Europe, mais l'Argentine avait vu naître plusieurs excellents chanteurs, dont Hina Spani, qui avait eu le grand honneur d'être choisie pour chanter aux obsèques de Puccini, et la charmante soprano lyrique Isabel Marengo.

Opera in Buenos Aires
No operatic capital in the twentieth century could surpass the brilliance of the casts offered by the Teatro Colón between 1910 and 1930. There were two reasons for this - firstly the wealth of Argentina in this period and secondly the simple fact that Buenos Aires was the only major operatic capital in the Southern Hemisphere and its opera season took place over the period when all the great houses in the Northern Hemisphere were closed for the summer. The Salzburg festival was in its infancy and other major operatic summer festivals were still in the future. The management of the Colón could take their pick of the world's finest singers. The lists of singers for each season that we find in the programmes are mouth-watering and we are left wondering how the Colón found full employment for so many of the world's greatest tenors and sopranos.
The hierarchy of stars is evident in the typography and design of the programmes. The names of top favourites such as Caruso and Titta Ruffo are printed in heavier type. Claudia Muzio always appears in the centre of the page surrounded by Ninon Vallin and other popular sopranos such as Rosa Raisa and Rosetta Pampanini.
Two full opera companies (one for Italian and French opera and the other for German opera under such conductors as Mascagni or Marinuzzi and Richard Strauss or Felix Weingartner would gather in Genoa and would set sail for South America in a luxury liner. The British soprano Eva Turner told me how she would meet Claudia Muzio and Toti dal Monte every day for tea during the relaxing voyage. Sadly she was too discrete to reveal anything that passed between them other than platitudes.
The wealth and sophistication of the Argentinian elite is attested by the advertisements for jewels, haute couture and opulent automobiles in the gorgeously produced Colón programmes. As in New York and Chicago, the lists of the "abonados" printed in the programmes acted as an unofficial social register for Buenos Aires.
Pietro Mascagni was a particular favourite and in 1911 the composer honoured the city with the premiere of his opera Isabeau, at the Teatro Coliseo with Maria Farneti in the title role, Carlo Galeffi as the king and Antonio Saluda as Folco. Two years later at the recently inaugurated Teatro Colon and still under the baton of Mascagni, the role of Folco was taken over by the singer who became most associated with the opera, the clarion-voiced Bernardo de Muro. Farneti appeared in a variety of Mascagni roles with the composer conducting. Records made in 1931 long after she had retired show some wear in the middle range of her voice but demonstrate the luminous top notes and the intensity of expression that endeared her to the composer and audiences in Buenos Aires.
The taste for Verismo was in the ascendant. A high proportion of recent Italian operas were presented including many that have since disappeared from the standard repertoire. Mozart was largely absent and of the Baroque period entirely so. Bel Canto repertoire, Verdi and Bizet's Carmen were performed in the highly charged Verismo style with vibrant tone and explosive emotionalism. The interpretations of the two favourite Carmens of the 1920s, Aurora Buades and Gabriella Besanzoni seem alarmingly fierce to modern ears. With her splendid cackles and her menacing chest notes, Besanzoni sounds as if she has just arrived on a broomstick. In the final scene Buades and Aureliano Pertile ( a popular favourite in Buenos Aires throughout the 1920s) show just how rough things could get.
In the programmes of the Colón we find dream casts of a kind rarely possible in early recordings of complete operas because of the exclusive contracts that the top singers of the day signed with the record companies that proliferated in the early twentieth century. We have tried on this CD to reconstruct some of these ideal casts by bringing together their solo recordings.
On Thursday 30th June 1910 we could have heard Boito's Mefistofele with the towering bass Nazzareno de Angeles, considered the Italian Chaliapin, the exquisitely perfumed Dmitri Smirnov as Faust and Salomea Kruszelnicka as Margherita and Elena. On record Kruszelnicka sings with a powerful voice and vibrant emotion but still offers perfectly turned trills. A few years later we could have heard Gigli and Hina Spani in the same opera.
Friday June 4th 1926 would have been another extraordinary occasion when La Gioconda was presented with a cast that included Giannina Arangi-Lombardi in the title role, Giacomo Lauri-Volpi as Enzo, Aurora Buades as Laura, Tancredi Pasero as Alvise, and Benvenuto Franci as Barnaba. The following year Buades was replaced by another great Italian mezzo, Ebe Stignani.
It would be difficult to imagine a more high-voltage Tosca than the performance given on Friday June 29th 1923 with Claudia Muzio, Miguel Fleta and Carlo Galeffi. On record in "Vissi d'arte" Muzio displays the voice of "tears and sighs and restrained inner fire" admired by Lauri-Volpi and in "E lucevan le stelle" Fleta lingers almost salaciously over the unveiling of Tosca's charms - not a performance for some Beckmesser watching the metronome! We can form some idea of the quality of Galeffi's Scarpia from the intensity of his "Nemica della patria" from Andrea Chenier.
It would quite impossible to choose between performances of Manon with Alessandro Bonci and Lucrezia Bori, or with Ninon Vallin as Manon, to the Des Grieux of either Tito Schipa or Miguel Fleta with such fine artists as Marcel Journet and Armand Crabbé also in attendance.
Ninon Vallin was dubbed "the princess of song" and was second only to Claudia Muzio. Muzio was the undisputed "Queen" of opera in Buenos Aires whose histrionic talents earned the title "the Duse of song". The idolized Muzio helped her young lover Aristotle Onassis to make his first financial coup by smoking a pink tipped cigarette in public when he was struggling to sell a large consignment he had bought cheaply.
Another much regular visitor from Italy was Rosetta Pampanini who was especially appreciated in her oriental roles of Butterfly, Iris and Liu. Pampanini participated in the local premiere of Turandot in 1926 in an extraordinary cast that included Muzio, Lauri-Volpi and Tancredi Pasero
Though German opera took second place to Italian in the 1920s, many of the greatest Wagnerians of this golden age of Wagnerian singing, performed at the Colón, including Lotte Lehmann, Helene Wildbrunn, Frida Leider, Lauritz Melchior, Friedrich Schorr and Alexander Kipnis. In the 1930s Nazi party members mingled with Jewish refugees in fine performances of German opera under Erich Kleiber and Fritz Busch.
Buenos Aires was confident enough as an opera capital to create its own stars. One of these was the Belgian baritone Armand Crabbé, who had enjoyed a successful career in Italy but only became a major star in Argentina. That this great artist with a very modest voice was elevated to the front rank is evidence of the discerning tastes of audiences in Buenos Aires>
Though most of the stars at the Colón were imported, Argentina itself produced several very fine singers, including Hina Spani who had been chosen for the great honour of singing at Puccini's funeral and the lovely lyric soprano Isabel Marengo





Prix : 9.00 (Including TVA at 20%)


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