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MP3-Gabriel Bacquier

MP3-Gabriel Bacquier

Ref: CDRG211D

Don Giovanni
Iphigénie en Aulide
Orphée et Eurydice
Le Nozze di Figaro
La Damnation de Faust
La Traviata
Tosca
Thaïs
Guglielmo Tell
Don Carlo
Otello
Boris Godounov
Pelléas et Mélisande
Barbiere di Siviglia


Que n'a-t-on dit sur l'illustre baryton ? On se rappelle les magnifiques comptes-rendus de Jean Cotté qui exprimait alors à chaud son admiration étonnée de l'artiste et le qualifiait de monstre de génie ! Gabriel Bacquier a forgé son art comme le ferronnier donne à la barre d'acier les formes les plus diverses, de la fine dentelle aux imposantes grilles de défense. Il a laissé un Requiem de Fauré du tout début de sa carrière, donnant au texte de la Messe des Morts son drame et sa part d'espérance. Il a interprété nombre de mélodies françaises, le grain de sa voix, l'intensité de son émotion rendant à la poésie et à la musique le respect qui leur est dû au travers de sa subtile sensibilité. Ici, c'est dans les œuvres théâtrales, le drame chanté ainsi qu'il aime à le dire, qu'il nous entraîne à sa suite. Il ne sacrifie jamais la diction. Sa musicalité, son art du chant sont menés par une voix immédiatement identifiable. Gabriel Bacquier, à l'image de ses pairs - Fischer-Dieskau, Bergonzi, Callas, Schwarzkopf, etc… - se définit lui-même de cette façon : " Je suis musicien et mon instrument est la voix ; je suis comédien, mais sers un art, la musique, qui colore le texte dramatique. " La voix est un moyen et non une fin pour cet artiste qui nous marque. Econome d'effets aussi bien théâtraux que musicaux, Gabriel Bacquier est souvent victime d'idées reçues et de phrases toutes faites : truculence, extraversion, tout en gueule et en gesticulation, exubérance… Fort tempérament certes, qui parfois explose " à la ville ", mais, sur scène, il sert les Maîtres qu'il s'est choisis et s'efface devant eux, tout pénétré de ses personnages.
Gabriel Bacquier donne à la grande déclamation française classique l'intensité, la ferveur, l'aristocratique façon de faire entendre les -e- muets, les liaisons qui caractérisent notre langue, que Gluck (1714-1787), pourtant Autrichien, a si bien rendue. Iphigénie en Aulide et Orphée et Eurydice (1774) montrent un Bacquier en " Agamemnon " et " Orphée " souverains.
Un compositeur admirablement interprété par Bacquier est certainement le plus exigent : Mozart (1756-1791). Il demeure LE " Don Giovanni " (1787) mythique de la seconde partie du XXe siècle, premier Français à le donner à Aix-en-Provence ; il est LE " Comte Almaviva " des Noces de Figaro (1786), de Paris, Glyndebourne, New York à Vienne, etc…
Il est le personnage-titre de Guillaume Tell (1829), dans sa version italienne, d'un Rossini (1792-1868) qui écrit-là son dernier ouvrage théâtral, en français, pour Paris. Il est " Bartolo " du Barbier de Séville (1815) dans toutes les grandes productions d'Europe et des Etats-Unis.
Il est " Méphisto " de la Damnation de Faust (1846) de Berlioz (1803-1869), version musicale du chef-d'œuvre de Goethe (1749-1832), dans l'admirable traduction de Gérard de Nerval (1808-1855) que l'auteur préférait à son propre texte !
Le (trop) célèbre air d' " Escamillo ", extrait de Carmen dont mourra son auteur, Bizet (1838-1875), l'air d' " Athanaël ", extrait de Thaïs (1894), de Massenet (1842-1912), montrent Gabriel Bacquier dans le répertoire français, tandis qu'à la suite de Victor Maurel (1848-1923), il est l'interprète de Verdi (1813-1901) qui avait une prédilection pour les chanteurs français dans les œuvres italiennes. Ici, Gabriel Bacquier donne l'air de " Germont ", extrait de La Traviata (1853), l'intégralité de la " scène de la prison " où il est " Posa " dans la version italienne de Don Carlo (1884) et deux extraits d'Otello (1887), rôle de " Jago ", le redoutable " Credo " et, plus redoutable encore le " Sogno / le rêve de Cassio " où il joue des plus insidieux pianissimi.
Bacquier, c'est aussi le dangereux " Scarpia " de Tosca (1900), Puccini (1858-1924) est au rendez-vous ! Il interpréta dans le monde entier ce rôle un nombre incalculable de fois et, jamais, il ne l'enregistra dans une version de studio…
Pelléas et Mélisande (1902) de Debussy (1862-1918) fut une révélation pour Gabriel Bacquier : il est un " Golaud " à la stature immense et blessé jusqu'au plus profond de son être. Ses rires sont des sanglots, il évite le suicide par la violence.
Il est dommage que Bacquier n'ait que si peu chanté le rôle-titre de Boris Godounov (1869-1872), version baryton (commande de l'Opéra de Paris pour une tournée française). Il entre dans l'univers de Moussorgski (1839-1881), même en français, pour incarner ce tsar déchiré entre le pouvoir et la contrition.
Cette heureuse initiative de MALIBRAN MUSIC complète l'énorme discographie de Gabriel Bacquier que nos générations ont eu le privilège de voir à la scène, au concert, en récital. Je lui ai consacré un essai biographique (Gabriel Bacquier, le génie de l'interprétation, éd. MJW Fédition, 2011) qui tente de cerner son art fondé sur un talent hérité du Ciel et un travail acharné. Mais Bacquier gardera toujours son mystère, celui de l'Incarnation.

Sylvie Oussenko
Pézenas, le 31 octobre 2013


Prix : 6.99 (Including TVA at 20%)


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