RENEE DORIA : MOZART ET L'OPERA ITALIEN

RENEE DORIA 73'38''

 

01 – I CAPULETTI E I MONTECCHI. Bellini. Air de Juliette “ O ! quante e volte ” 3'30' (1953)

02 – I PURITANI. Bellini. Air d'Elvire. “  Qui la voce ” 5'58'' (1954)

03 – LINDA DI CHAMOUNIX. Donizetti. Air de Linda. “  O luce di quest'anima ” 4'39'' (1954)

04 – CELEBRES VARIATIONS. Proch. 4'04'' (1954)

05 – LUCIA DI LAMMERMOOR. Donizetti. Air de la folie.8'05'' (1961)

06 – ALLELUIA. Mozart. 2'32'' (1954)

LE NOZZE DI FIGARO. Mozart. Rôle de Suzanne. (1959)

07 – “  Venite, inginocchiatevi ” 2'59''

08 – “ Sull arie ! Che soave zeffiretto ” 2'26''

09 – “ Deh vieni, non tardar ” 4'24''

DON GIOVANNI. Mozart. Rôle de Donna Anna. (1959)

10 – “ Or sai que l'onore ” 2'48''

11 – “ Non mi dir ” 6'02''

COSI FAN TUTTE. Mozart. Rôle de Fiordiligi. (1959)

12 – “  Per pietà ben moi… ” 6'52''

13 – LE BARBIER DE SEVILLE. Rossini. (1961)

Cavatine de Rosine. “  Rien ne peut changer mon âme ” 6'18''

LA VIE DE BOHEME. Puccini. (1958)

14 – “ On m'appelle Mimi ” 4'14''

15 – “ La chambre qu'autrefois j'avais quittée ”2'42''

MADAME BUTTERFLY. Puccini. (1958)

16 – “ Sur la mer calmée ” 4'01''

17 – La mort. “ Toi !Toi ! cher petit dieu… ” 2'01''

(01 Harpe Maïté ETCHEVERRY)

(02 –03-04-12- Direction Jean ALLAIN)

(05-06- 13-Direction Jésus ETCHEVERRY)

(07-08-09-10-11-12- 14-15-16-17-Jean Claude HARTMANN)

 

Pour la plupart des spécialistes et des amateurs de musique, Renée DORIA s'est imposée comme un modèle du style français. Et ce, durant une très longue carrière (débuts en 1937 comme “ concertiste”, jusqu'à l'enregistrement intégral de la “ Sapho ” de Massenet, en 1978). Carrière avant tout européenne : en cette période, la plupart des villes, en France et dans les pays francophones, avaient encore conservé leur orchestre, leur troupe et leur saison d'opéra. Par ailleurs, les chanteurs ne s'aventuraient guère à se produire dans des langues dont ils ne possédaient pas la maîtrise absolue : Sauf exception, les publics ne l'auraient pas toléré ! Ainsi, par un souci de perfection, et par méconnaissance des langues russe et allemande, elle déclinera plusieurs invitations flatteuses à l'étranger.Actrice, et musicienne exceptionnelle, donc. Mais, (ce qui, tout compte fait, nous apparaît maintenant le plus important), son timbre lumineux et sa diction l'imposèrent très vite - avec l'avènement et le pouvoir multiplicateur du microsillon- comme une vedette nationale, et bientôt internationale, du disque. A cet égard, après les “ Contes d'Hoffmann ” , de l'ère héroïque du 78 tours, elle contribua plus que tout autre à fixer les canons du beau chant français. Pour la mélodie comme pour le théâtre lyrique.

Ce serait néanmoins une discrimination abusive de la murer dans cette éminente spécialité. Dans son très large répertoire - plus de cent rôles à la scène et à la radio - tant en “colorature ” aiguë qu'en soprano lyrique, Mozart tient une place prépondérante : Constance, de “l'enlèvement au sérail ”, avec Reynaldo Hahn, dès 1942 ; “ L'Oie du Caire ” et “le Directeur de Théâtre ”, en 1946, à Monte-Carlo ; “ La Flûte Enchantée ” ;  la Reine de la Nuit  en 1947, à l'Opéra de Paris, puis Pamina ; Les “ Noces de Figaro ”, la Comtesse,  et surtout Suzanne  ; “ Idoménée ” à Lausanne ; Fiordiligi à partir de 1949, principalement avec Ernest Bour, qui lui fit aussi chanter les trois rôles féminins de “ Don Giovanni ” : Mozart l'accompagna tout au long de sa carrière. Enfin, il est hors de doute, pour ceux qui la connaissent et l'ont souvent applaudie, que la vertu protéiforme de cette latine aurait pu, en un autre temps et dans d'autres cieux, en faire une interprète privilégiée des rôles moins divulgués de l'opéra italien. Certes, tant en français que dans le texte original, elle visita les plus populaires héroïnes de Rossini, de Verdi, de Puccini : “ Il Barbiere ”, “ Le Comte Ory ”, “ Traviata ”, “ Rigoletto ”, “ Bohème ”, “ Butterfly ”. Mais ses “ live ” - trop rares- lèvent un coin du voile sur d'autres virtualités : J'ai eu l'occasion, en concert , de savourer la subtile colorature et la “ morbidezza ” de son art, dans “ Semiramide ”, “ Somnambula ”, “ I Puritani ”, “ Linda ”, “ Norma ” - oui, “ Norma ” ! - et cette “ Lucia ”, qui reste peut-être pour moi - avec la Juliette de Gounod - sa plus complète incarnation scénique. Quelle bellinienne elle eût réalisée ! Interprète complète, en conclusion. Elle est peut-être, la seule artiste de sa tessiture qui ait pu, la même année, incarner au théâtre La reine de la Nuit ( dans le ton aigu) et le personnage de l'Aiglon (Honegger, Ibert) et tenu dans sa carrière, exactement soixante-huit rôles.

La merveilleuse Renée Fleming, étoile montante au firmament des divas, ne s'y est pas trompée, qui lui écrivait récemment, après ses Manon à la Bastille : “ J'ai énormément de respect pour vous. J'écoutais beaucoup - et avec quel plaisir - votre

Thaïs, pendant la préparation de mon disque. Vous êtes une grande artiste, et un exemple pour nous tous. ”