Germaine LUBIN

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Germaine LUBIN (1890-1979)
01 WAGNER – Tristan und Isolde – Mort d’Isolde
Odéon 188696 (1929)
02 WAGNER – Lohengrin – « Seule dans ma misère »
Odéon 123.613 (1929)
03 WAGNER – Tannhäuser – « Salut à toi, noble demeure » Odéon 123.613 (1929)
04 WAGNER – Die Walküre – « Drapée dans une cape noire » Odéon 123.684 (1930)
05 WAGNER – Siegfried – « Dès l’origine jusqu’à cette heure » Odéon 123.684 (1930)
06 WAGNER – Die Götterdämmerung – « Qu’un bûcher s’élève là-bas » Odéon 123.634/5 (1929)
07 WEBER – Der Freischütz – « Comment trouver le calme » Pathé X 0612 (1927)
08 REYER – Sigurd – « Salut, splendeur du jour »
Odéon 188.724 (1930)
09 GOUNOD – Faust – « Il était un roi de Thulé »
Pathé (22.6.1928)
10 PUCCINI – La Tosca – « D’art et d’amour »
Odéon 188.720 (1930)
11 CHOPIN – Tristesse – Odéon 123.641 (1929)
(arrangement de Félia Litvinne)
12 SCHUBERT GOETHE – Erlkönig
13 DURANTE – « Virgin tutto amore » (en italien)
14 Hugo WOLF – « Nun wand’re Maria »
15 DEBUSSY – « Je tremble en voyant ton visage »
16 WAGNER – Tristan und Isolde – Mort d’Isolde
Direction De Sabata (Bayreuth 1939 en allemand)

Germaine Lubin est née à Paris le 1er février 1890. Ayant mené de front et avec succès ses études secondaires et de solides études musicales et vocales, elle entre à 18 ans au Conservatoire dans les classes de Martini et Isnardon. Elle en sort trois ans plus tard avec les premiers prix de chant, d’opéra et d’opéra-comique.
Convoitée par l’Opéra et l’Opéra-Comique elle donna sa préférence au second, Elle débute salle Favart le 13 novembre 1912 dans les Contes d’Hoffmann. Elle y chante Aphrodite de Camille Erlanger, Zampa de Hérold, Le Chemineau, Louise, et y crée Le Pays de Ropartz et Pénélope de Gabriel Fauré, tout en continuant de travailler sa voix avec Jean de Reszké et Félia Litvinne. Elle retournera salle Favart en 1942 pour chanter Charlotte de Werther à l’occasion du centenaire de la naissance de Massenet, et le 30 avril 1943 pour la création de la version française de Ariane à Naxos de Richard Strauss.
Elle apparaît pour la première fois sur la scène du Palais Garnier le18 janvier 1916 dans le 2ème tableau du Chant de la Cloche de Vincent D’Indy, puis s’impose dans Faust, Thaïs, Roméo et Juliette, Aïda, Salammbô, La Damnation de Faust… Elle devait y créer La légende de Saint Christophe de Vincent d’Indy, Le Chevalier à la Rose (Octave) dans la version française de Jean Chantavoine, Maximilien de Darius Milhaud, La Chartreuse de Parme d’Henri Sauguet.
En 1921, les opéras de Wagner sont réadmis au répertoire de l’Opéra et c’est la porte ouverte à la grande carrière de Germaine Lubin. Tout en continuant à travailler avec Lilli Lehmann, pour affiner son chant et rendre son allemand parfait, elle est invitée à Vienne, à Londres, à Monte Carlo, où elle crée La Maréchale juste après avoir triomphé auprès Gigli dans Tosca et Aïda, à Amsterdam, au Festival de Salzbourg, à Berlin, au Portugal, à Prague, à Budapest, en Belgique, au Mai Florentin. Elle devient la coqueluche des plus grands chefs, Monteux qui l’appelait « le Stradivarius du chant », Richard Strauss qui voyait en elle La Maréchale idéale, Kousssevitzki, Philippe Gaubert, Bruno Walter, sir Thomas Beecham, Furtwaengler,..
En 1938, elle est invitée à Bayreuth pour chanter Kundry, Adolf Hitler, l’ayant entendue, lui propose d’y chanter Isolde. En 1939, elle sera au rendez-vous, avec Lorenz et Klose pour partenaires et Victor de Sabata au pupitre. Ce sera le plus grand triomphe de sa carrière. L’Amérique l’attend. Le Metropolitan Opera lui propose de monter pour elle Elektra et de lui faire chanter divers rôles wagnériens. Mais la guerre, qui venait d’éclater, met fin à ce projet. Elle reste donc en France occupée, et chante à l’Opéra Léonore, la Maréchale et même Isolde sous la direction de Karajan.
A la libération, le comité d’épuration la prend pour cible. Ruinée, sa carrière brisée, elle eut, à 56 ans, le courage de se lancer dans l’enseignement du chant et de l’opéra, s’appuyant sur sa longue expérience sur scène.
Elle mourut à Paris le 27 octobre 1979.

Germaine Lubin possessed one of the greatest soprano voices of the twentieth century. She was the Gallic answer to Rosa Ponselle or Kirsten Flagstad. How frustrating it is that history intervened to prevent her appearances at the Met in New York, where direct comparisons could have been made between her and the recently retired Ponselle and the still current Flagstad. Sad too that we have been robbed of possible radio broadcasts that could have added greatly to the pitifully few commercial recordings that exist of this great artist.
After making her debut at the Opera Comique in 1912, Lubin sang in the standard French repertoire for a number of years. Later she moved to the Opera where she took part in a number of important premieres, including the Parisian premiere of Der Rosenkavalier as Oktavian. It was the return of Wagner to the repertoire of the Opera in 1924 that opened up great opportunities for Lubin. She sang virtually all the great Wagner roles from Eva and Elsa through to Brunnhilde, always in French as was the custom to the time. Her career reached its apogee in 1938 and 1939 when she was invited to sing Kundry and Isolde at Bayreuth - a matter of considerable pride to the French nation. But a widely reproduced photograph of Lubin smiling in the presence of an adoring Hitler contributed to her downfall. At the liberation of France in 1944, Lubin’s nordic beauty and her identification with the Wagnerian heroines made her a target of the zealots of the “Epuration”. Added to that, she had an exceptional capacity to make enemies in the poisonous world of the Paris Opera as we can see from the memoirs of her soprano rival Marjorie Lawrence. With hindsight it would seem that her behaviour under the occupation was no more dishonourable than that of thousands of French men and women attempting to lead a normal and decent life under the German yoke, but Lubin was cruelly punished. She was sentenced to a lifetime of national “degradation” (later commuted to five years). She tentatively resumed her concert career in 1950 but was silenced forever by the suicide of her only son.It had been a tragic waste of a prodigious talent.
Lubin like to quote her great teacher Felia Litvinne, saying “To sing Isolde is worth all the tragedy of life”. This could rest as her epitaph.
Textes de Jean ZIEGLER et Patrick BADE



 

 




 

 



 

 

Durée CD


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