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Drame lyrique en quatre actes
Livret de Louis Gallet, d’après Emile Zola
Françoise : Jane Rolland, Marcelline : Hélène Bouvier,
Geneviève : Yvette Darras, Dominique : Fernand Faniard,
Merlier :Charles Cambon, Le Capitaine Ennemi : Lucien Lovano,
La Sentinelle Ennemie : Jacques Bouet,
Le Tambour : Marcel Enot, Un jeune Homme : Bernard Lefort,
Le Capitaine Français : Joseph Peyron.
Orchestre et Chœur
Direction : Eugène Bigot
CD 1
01- Ouverture
Acte 1
02- « C’est mes amis pour vous dire… » Merlier
03- « Dans le bois ne va plus, la belle… »
Françoise, Dominique, Geneviève.
04- « Mais avant que tu sois son maître… »
Geneviève, Dominique, Geneviève.
05- « O cher mari qui m’appelle … » Françoise, un jeune homme.
06- « Nous voilà fiancés… » Françoise, Dominique.
07- « Tiens ! qu’a-t-il donc à nous annoncer ?... » Le tambour, Merlier
Marcelline « Ah ! la guerre, l’horrible guerre… »
Acte 2
08- « Cessez le feu… »
Le Capitaine français, Dominique, Françoise puis le Capitaine ennemi.
09- « Le jour tombe… » Dominique
10- « Toi ! Chut !... » Dominique, Françoise.
Acte 3
12- Introduction et résumé des actes précédents.
13 – « Mon cœur expire » La sentinelle
13 – Scène de Marcelline et de la sentinelle « La ! debout sous le saule… »
14- « Rentrons vite !... » Françoise.
15 – « Grâce, grâce épargnez mon père… »
16 – Finale de l’acte.
CD 2
Acte 4
01 – Introduction « Ils dorment là-bas… » Marcelline
02 – « Toi, dieu juste !... » Françoise, Marcelline, Dominique.
03 – « Enfant, ta main glacée… » Dominique, Françoise.
04 – « Vous entendez !... » Le Capitaine ennemi, Marcelline, Merlier.
05 – « C’est encore le clairon, écoutez… » Dominique, Françoise, Merlier.
06 - « Te souviens-tu lorsque toute petite… » Merlier, Françoise.
07 – Finale.
Enregistrements historiques
08 – Air de Dominique: Georges Thill,
Columbia, Direction Alfred Bruneau
09 - Air de la Guerre: Marie Delna ( créatrice) Pathé 4872
10 – Air de la Guerre: Laure Tessandra: Odéon 188031 ( KI 3939)
11- Air de Dominique: Augustin Nuibo Pathé 4661
12 - Air de la sentinelle:Augustin Nuibo Pathé 4663
13 - Duo Dominique - Françoise: Jane Marignan, Augustin Nuibo Pathé 46
14 - Air de Dominique: Agustarello Affre Pathe 3492 (acc. piano)
15 - Air de Dominique: Agustarello Affre Pathe 0003 (acc. orchestre)
16 - Messidor: Entracte, direction Gabriel Pierné Odéon 123648
Alfred BRUNEAU (1857-1934)
Voici encore un très grand musicien français qui, s'il n'y ait pris garde, risque de tomber dans un oubli totalement immérité. Il a été à son époque une personnalité musicale importante. Il a beaucoup écrit et composé. Sa musique a du souffle et de la grandeur et contribuera pour une part importante à l'évolution de l'art lyrique français vers une plus grande approche du réalisme.
Alfred Bruneau est né à Paris le 3 mars 1857. Fils de musicien, il suit dès l'enfance les traces de son père. Il est admis au Conservatoire de Paris en 1873. Il y étudie le violoncelle avec le célèbre Franchomme qui le conduira à un premier prix trois ans plus tard. Il étudie l'harmonie avec Savard et la composition avec Massenet. En 1881, il remporte un second prix de Rome avec sa cantate Sainte Geneviève . Il commence sa carrière comme critique musical au Gil Blas, puis au Figaro et au Matin, faisant preuve d'une grande clairvoyance Le 18 septembre 1903, il fait ses débuts de chef d'orchestre à l'Opéra-Comique en dirigeant Carmen . Il y reste deux ans. Curieusement, il n'y dirige –et plus tard, en représentation- qu'une seule des ses propres œuvres, qui furent nombreuses à être créées sur cette scène, alors qu'il fait d'importantes tournées en Russie, en Angleterre, en Espagne et aux Pays-Bas pour les diriger.
Il avait abordé le théâtre avec Kérim (1887), ouvrage romantique et orientaliste. Sa rencontre avec Zola, devait marquer un tournant important dans sa carrière de compositeur. Elle lui inspire, sur des livrets de Louis Gallet, Le Rêve (1891) puis l'Attaque du Moulin (1893). Bien que ces ouvrages paraissent bien audacieux à un public très conservateur, Bruneau persiste dans cette voie naturaliste en demandant à Zola de lui fournir les poèmes de ses trois opéras suivants : Messidor (1897), un échec, victime indirecte de l'affaire Dreyfus, l'Ouragan (1901), un triomphe, et L'Enfant Roi (1905), accueil chaleureux. Naïs Micoulin (1907) et Les Quatre Journées (1916) s'inspirent encore de Zola, en hommage auquel il avait écrit à sa mort une cantate scénique Lazare (1903). Par la suite, sa production lyrique trouva d'autres sources d'inspiration : Victor Hugo pour Angelo, tyran de Padoue (1928), Andersen pour Le Jardin du Paradis (1923), ou la vie de Virginie Déjazet pour Virginie (1931). Alfred Bruneau ne s'est pas limité à l'opéra et son œuvre comporte notamment d'intéressantes compositions pour l'orchestre ainsi que des cycles de mélodies pour solistes et pour chorales.
Chargé de diverses responsabilités dans l'organisation de la vie musicale française, et des honneurs attachés à ces charges, Alfred Bruneau est mort à Paris le 15 juin 1934.
L'ATTAQUE DU MOULIN
Drame lyrique en 4 actes d'Alfred Bruneau, livret de Louis Gallet d'après la nouvelle éponyme d'Emile Zola (publiée dans Les Soirées de Médan en 1880) a été créé à l'Opéra-Comique (salle du Châtelet) le 23 novembre 1893, sous la direction de Jules Danbé, avec Georgette Leblanc, dont c'étaient les débuts, Marie Delna, Max Bouvet et Vergnet. L'action se situe à la frontière française, à le fin du XIXème siècle.
Au 1 er acte, nous sommes dans la cour d'un vieux moulin. Le meunier Merlier (baryton) fête les fiançailles de sa fille Françoise (soprano) à un jeune paysan flamand appelé Dominique (ténor). Mais le crieur public arrive brusquement annonçant que la guerre est déclarée et que les troupes ennemies approchent. Marcelline (mezzo-soprano), la nourrice de Françoise, qui a perdu ses deux fils au combat, clame son horreur de la guerre « Ah, la guerre !» . (1)
Au 2 ème acte, l'ennemi attaque le moulin. Bien qu'étranger, Dominique décide de faire le coup de feu avec la compagnie française. Il est pris et, comme il refuse de guider l'ennemi à travers la forêt, il est condamné à être fusillé. Résigné, il dit adieu à sa forêt « Le jour tombe…Adieu forêt profonde » (2) (les vers de cet air ont été écrits par Zola lui-même). Françoise, qui a pu le rejoindre, lui montre le chemin pour s'enfuir et lui remet un couteau pour se défendre.
Au 3 ème acte, au pied du moulin, des femmes qui étaient de la fête, tentent de détourner l'attention de la sentinelle qui garde Dominique, mais au moment où Dominique s'apprête à s'échapper, la sentinelle l'aperçoit et le jeune flamand plante son couteau dans sa gorge et le tue. Ce crime devra être vengé et si le coupable ne se rend pas à l'aube, le meunier sera fusillé à sa place.
Au 4 ème acte, prêt à se sacrifier pour le bonheur de sa fille, Merlier fait croire à Dominique qu'il est libre et, avec la complicité de Marceline, l'envoie alerter les Français qui s'approchent. Quand ces derniers rentrent avec des cris de triomphe dans la cour du moulin, on entend la salve ennemie qui fait du vieux meunier un héros.
Jean Ziegler
(1)-On retrouvera cet air, chanté par la créatrice du rôle de Marceline dans le CD Malibran consacré à Marie Delna (CDRG 185)
(2)-On retrouvera cet air chanté par René Verdière dans le disque Malibran « Les ténors français No 2 (MR 627) et chanté par Georges Thill dans l'album de deux CD
Malibran (CDRG 105)
Yet again we have a very great French musician who, if we do not take care, risks falling into total and undeserved oblivion. In his time he was an important musical figure. He wrote and composed a great deal. His music has inspiration and grandeur and contributed significantly to the evolution of French vocal music towards realism. Alfred Bruneau was born in Paris on march 3rd 1857. The son of a musician, he followed in his fahter’s footsteps. He was accepted by the Paris conservatoire in 1873. There, he studied cello with the famous Franchomme, which lead to a first prize three years later. He studied harmony with Savard and composition with Massenet. In 1881 he won second Prix de Rome with his cantata “Sainte Geneviève”. He began his career as music critic of Gil Blas, then at Le figaro and Le Matin, showing great perceptiveness. On september 18th 1903 he made his debut as a conductor at the Opéra-Comique in Carmen. He remained there two years. Strangely, he would only conduct one of his own operas there - and that, much later, though so many of his operas were first presented there and he toured extensively in Russia, England, Spain and the Netherlands conducting his own works.
His first attempt at writing for the theatre in 1887 was Kerim - a romantic and orientalist work. His encounter with Zola marked an important turning point in the composer’s career. This encounter inspired him to write “Le Rêve” (1891) and then “L’Attaque du moulin” (1893) both to libretti by Louis Gallet.
Though these works seemed shocking to a very conservative public, Bruneau persisted along this naturalist path and asked Zola to provide him with the poems for his three following operas, Messidor (1897), a failure, as an indirect victim of the Dreyfus affaire, “L’Ouragan” (1909), a triumph, and “L’Enfant roi” (1905) which was warmly received. Naïs Micoulin (1907) and “Les Quatre Journées” (1916), once again took their inspiration from Zola and it was in hommage to Zola that he wrote the stage cantata “Lazare” in 1903. Following this his operatic production found other sources; Victor Hugo for “Angelo, tyran de Padoue” (1928), Andersen for “Le Jardin du Paradis” (1923) and the life of Virginie Déjazet for Virginie (1931). Alfred Bruneau did not confine himself to opera and his oeuvre included interesting compositions for orchestra as well as song cycles for soloists and chorus.Weighed down with various responsibilities for the organisation of French musical life and with the attendant honours, Alfred Bruneau died in Paris on June 15 1934.
Texte de Jean ZIEGLER, Traduction de Patrick BADE
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