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VANNI-MARCOUX
(Turin 12.6.1877 – Paris 21.10.1962)
01.Don Giovanni (Mozart) Leporello : “Madamina” Gramo DA 4811 (1931)
02.Don Giovanni : Sérénade “Vieni alla finestra Gramo DA 937 (1927)
03.La Damnation de Faust (Berlioz) : Chanson de la Puce GRAMO DA 1158 (1930)
04.La Damnation de Faust : Sérénade « Devant la maison » GRAMO DA 1158 (1930)
05.Hamlet (Thomas) Monologue : « J’ai pu frapper le misérable » GRAMO DB 4822 (1931)
06.Don Quichotte (Massenet) : « Quand apparaissent les étoiles » GRAMO DA 934 (1927)
07.Don Quichotte : « Je suis le chevalier errant » GRAMO DA 936 (1927)
08.Don Quichotte : La Mort « Ecoute, mon ami » GRAMO DA 4857 (1934)
09.Pelléas et Mélisande (Debussy) Golaud : « Ah ! Tout va bien » GRAMO DA 902 (1927)
10.Pelléas et Mélisande : « Une grande innocence » GRAMO DA 902 (1927)
11.La Habanera (Laparra) : « Et c’est à moi qu’on dit : Chante…» GRAMO DA 4818 (1931)
12.Monna Vanna (Février) : « Ce n’est pas un vieillard » GRAMO DB 809 (Gravure acoustique 1924)
13.Cléopâtre (Massenet) : La lettre de Cléopâtre GRAMO DB 4822 (1931)
14.Panurge (Massenet) : « Touraine est un pays » (créateur) GRAMO DA 1127 (1930)
15.Le Jongleur de Notre-Dame (Massenet) Légende : « Fleurissait une sauge » GRAMO DA 1159 (1930)
16.Louise (Charpentier) Berceuse : « Reste… Repose-toi » GRAMO DB 4950 (1934)
17.Boris Godounov (Moussorgski) Monologue : « J’ai le pouvoir suprême » GRAMO DB 1112 (1928)
18.Boris Godounov : « Mon cœur est triste » GRAMO DB 4950 (1934)
19.Boris Godounov : L’hallucination Scène du carillon GRAMO 1112 (1928)
20.La Bohème (Puccini) Colline « O défroque si chère » GRAMO DA 937 (1928)
Beaucoup des collectionneurs qui ont acquis des microsillons de Vanni-Marcoux doivent s’être demandé dès la première audition si la tonalité était correcte (c’est toujours le problème avec les disques français de l’entre-deux guerres qui peuvent être écoutés à des vitesses très variables). Bien que les maisons de disques aient affirmé catégoriquement que c’était une basse , le timbre était tellement éclatant que l’on pouvait le considérer comme un baryton aigu ou même (par exemple dans la partie chantée à mi voix précédant le grand monologue d’Hamlet) comme un ténor. Le vaste répertoire des 240 rôles de Vanni Marcoux englobait de vrais rôles de basse comme Frère Laurent , Sparafucile, le vieillard hébreu (Samson et Dalila) et le baron Ochs aussi bien que des rôles de baryton héroïque tels qu’ Athanaël , Escamillo et Scarpia , dans le Pelléas et Mélisande de Debussy , il allait du rôle de basse d’Arkel à celui de baryton de Golaud.
Personne ne peut prétendre que la voix en elle-même était une grande voix. Il lui manquait la riche sonorité d’un Pinza ou le moelleux incomparable de la voix d’un Plançon ou d’un Journet. Cependant , Vanni -Marcoux appartient à une minuscule élite de basses du XXème siècle à laquelle on pourrait accorder l’épithète de « grande » sans crainte d’exagérer.
Il rivalisait avec la basse russe Chaliapine en tant que meilleur acteur et chanteur de tous les temps. Tous les deux avaient en commun beaucoup de rôles , y compris Boris Godounov , Mephistopheles dans les opéras de Gounod et Boito , Don Basile et Don Quichotte de Massenet. La subtile interprétation de Vanni-Marcoux dans Boris était en dernière analyse , éclipsée par la force élémentaire de Chaliapine , les dés étaient pipés dans un rôle qui était en fait écrit pour faire ressortir les talents du grand chanteur russe , le Don Quichotte de Massenet. Les amoureux de l’opéra français eurent l’occasion de comparer les deux chanteurs en 1910 quand Chaliapine chanta à Monte-Carlo lors de la première mondiale le 19 février et que Vanni-Marcoux chanta le rôle à Paris le 29 décembre à la Gaité Lyrique . La sensibilité et la finesse de l’interprétation de Vanni-Marcoux dans la scène finale donne à penser que l’approche en force de Chaliapine manque de subtilité .
La puissance et l’éclat de Vanni-Marcoux sur scène étaient légendaires . A Boston en 1912 , son Scarpia face à la Tosca de Mary Garden fit scandale .Selon la critique du New York Journal : »Quand Vanni-Marcoux poursuivit Mary Garden autour de la pièce sur scène , la saisit dans ses bras avec fougue , et la jeta sur un canapé , cela fit suffoquer une partie de Boston « Selon « Musical America » , une partie des spectateurs laissa libre cours à son émotion par des applaudissements frénétiques , l’autre resta assis impassible et guindé , scandalisé . Mais ce n’est pas seulement sa diction exemplaire et son génie théâtral qui firent de Vanni-Marcoux un chanteur si remarquable . Ses enregistrements nous restituent son génie vocal et ses qualités musicales . Le timbre sec avec un soupçon de vibrato rapide qui lui est particulier n’est pas sans agrément . S’il dévie occasionnellement vers une version française du « Sprechgesang » , il se dégage néanmoins une technique très sûre et bien maitrisée de son chant . Vanni-Marcoux (Vanni était le diminutif de Giovanni bien que son nom de baptême fût Jean-Emile-Diogène) est né à Turin le 12 juin 1877, d’une mère italienne et d’un père français. Après des études d’avocat , il opta pour une carrière de chanteur. Malgrè des études vocales précoces à Turin , sa voix et sa technique vocale restèrent entièrement françaises. Après avoir chanté le petit rôle de Sparafucile à Turin en 1894 , il fit ses débuts en France à Bayonne en 1899 dans le rôle de Frère Laurent de Roméo et Juliette. Sa carrière prit de l’élan durant les saisons où il chanta à Covent Garden de 1905 à 1914. Il fut l’un des chanteurs les plus acclamés à Chicago pendant une période allant de 1913 à 1932. Il fit l’objet de l’admiration de tous, au Théatre Colon de Buenos Aires , à la Monnaie de Bruxelles et à la Scala de Milan où il chanta Boris en 1922. Il poursuivit aussi une active carrière dans les deux principaux opéras de Paris , faisant ses débuts au Palais Garnier dans Faust en 1908 et à la Salle Favart en 1914 .
Il participa à des premières dont Monna Vanna d’Henri Fevrier en 1909 à l’Opéra (aux côtés de Lucienne Bréval et Lucien Muratore) et Panurge de Massenet au Théâtre-Lyrique de la Gaîté en 1913. En 1937 , alors qu’il était âgé de 60 ans , il prit part à la première de l’Aiglon d’Honegger et Ibert à Monte-Carlo avec Fanny Heldy. Durant ses dernières années , Vanni-Marcoux enseigna au conservatoire de Paris (1938-43) et dirigea l’Opéra de Bordeaux (1948 à 1951) . Il mourut à Paris le 21 octobre 1962.
Many collectors who have acquired shellac discs of vanni Marcoux must have wondered at first hearing if they were playing them at the correct pitch (always a problem with French discs of the interwar period that can play at widely varying speeds) Though the labels stated firmly that he was a bass, the timbre was so bright that it could sound like a high baritone or even (for example in the softly sung opening of Hamlet’s great monologue) like a tenor. Vanni Marcoux’s vast repertoire of 240 roles encompassed such true bass parts as Frere Laurent, Sparafucile, the Old Hebrew (Samson et Dalila) and Baron Ochs as well as heroic baritone parts such as Athanael, Escamillo, and Scarpia. In Debussy’s Pelleas et Melisande he graduated from the bass role of Arkel to the baritone role of Golaud.
No one would claim that the voice itself was a great one. It lacked the rich sonority of a Pinza or the magisterial smoothness of a Plancon or a Journet. Yet Vanni-Marcoux belongs to a tiny elite of 20th century basses to whom one could accord the epithet of “great” without fear of exaggeration. He rivalled the Russian bass Chaliapin as one of the supreme actor-singers of all time. The two shared many roles, including Boris Godunov, Mephistofeles in the operas of Gounod and Boito, Don Basilio and Massenet’s Don Quichotte. In Vanni-Marcoux’s fine interpretation of Boris was, in the final analysis eclipsed by the elemental force of Chaliapin, the tables were turned in a role that was actually written to show off the talents of the great Russian - Massenet’s Don Quichotte. French opera lovers had the opportunity to compare the two singers in 1910 when Chaliapin sang in the Monte Carlo world premiere on February 19th and Vanni-Marcoux presented the role to Paris on December 29 at the Gaite-Lyrique. The tenderness and sensitivity of Vanni-Marcoux’s interpretation of the final scene makes Chaliapin’s bravura approach seem unsubtle. The power and vividness of Vanni-Marcoux’s stage performances were legendary. In Boston in 1912 his Scarpia opposite the Tosca of Mary Garden caused outrage. The critic of the New York Journal commented “When Vanni-Marcoux pursued Mary Garden around the room on the stage, seized her in a frenzy and threw her upon a couch, a part of Boston gasped.” According to “Musical America” “half of the audience gave vent to pent-up emotions by furious applause; the other sat still and stiff - and scandalised.” But it was not only his exemplary diction and his histrionic genius that made Vanni-Marcoux so remarkable. From his records we can hear his genuine vocal and musical qualities. The dry timbre with a hint of rapid vibrato is not without pleasing individuality. If he occasionally deviates into a French version of “Sprechgesang” we nevertheless hear a very secure and well-schooled technique. Vanni-Marcoux (Vanni was short for Giovanni though he was given the splendid baptismal name of Jean-Emile-Diogene) was born in Turin on June 12th 1877, to an Italian mother and a French father. After qualifying as a lawyer he decided upon a career as a singer. Despite early vocal studies in Turin his voice and his vocal technique remained thoroughly French. After singing the small role of Sparafucile in Turin 1894, he made his French debut at Bayonne in 1899 as Frere Laurent in Romeo et Juliette. His career gathered momentum during the seasons he sang at Covent Garden from 1905 to 1914. He was one of the most highly acclaimed singers in Chicago over a period of nearly two decades from 1913 to 1932. Elsewhere he was greatlyt admired at the Teatro Colon in Buenos Aires, at the Monnaie in Brussels and at La Scala in Milan where he sang Boris in 1922. He also maintained a busy career at the two principal operas houses in Paris, making his debut at the Palais Garnier in Faust in 1908 and at the Salle Favart as Golaud in 1914.Amongst the premieres in which Vanni-Marcoux participated were those of Henri Fevrier’s Monna Vanna in 1909 at the Opera (alongside Lucienne Breval and Lucien Muratore) and of Massenet’s Panurge at the Theatre-Lyrique de la Gaite in 1913. As late as 1937 when he was 60 he took part in the premiere of L’Aiglon by Honegger and Ibert at Monte-Carlo, with Fanny Heldy. In his later years Vanni-Marcoux tought at the Paris Conservatoire (1938-43) and directed the Bordeaux Opera (1948 to 1951) He died in Paris on October 21st 1962
Patrick Bade ( traduction Denise Tendil)
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